21 mars 2011

 

Chère moi même, quelque part en 2005.

Tu sais, pour tes dix huit ans, les parents avaient décidé de t'offrir ton inscription au permis de conduire. Ca ne t’avait pas beaucoup enchantée.

En vrai, ça ne t'avait pas plu du tout. Tu te pensais trop jeune. Trop inconsciente. Trop insouciante. Ne t'inquiètes pas, en vrai, tu ne l'auras pas en 2005. Tu l'auras bien plus tard, dans le mois blanc de janvier 2011.

Entre temps, tu le louperas quelques fois. Et tu l'abandonneras encore plus. Plusieurs fois. Pour beaucoup de raisons, bonnes et moins bonnes. Mais tu finiras par l'avoir, parce qu'un jour, tu décideras de croire en toi. Pour de vrai. Ca t’étonne? Moi aussi petite, moi aussi. Mais il y a eu beaucoup de changements depuis les dix huit ans.

Tu en es où de 2005? Les débuts de la fac, deux jours de L.E.A et puis direction celle de droit. Autant te dire tout de suite, tu n'y resteras pas non plus. Ce n'est absolument pas ta voie, le droit, et tu le sais déjà il me semble. Mais il y a A. et D. avec qui tu camouffles tes pleurs de rires entre tes bras. Le café du matin, les mots croisés, et parfois l'un de la bande des six qui oublie le réveil. Et parfois nous tous qui oublions le cours lui même. Je te l'accorde, c'était bien. Ca n'a pas servi à grand chose dans ton cursus professionnel, mais dans le personnel si. Alors c'est important, ce que tu fais là. Tu commences à te chercher, c'est l'essentiel. Et puis, il y a A., et tu verras, il comptera. Même aujourd'hui. Même toujours.

Ca ne sera pas le cas de tout le monde, malheureusement. J'aimerais t'épargner beaucoup de choses de ce que tu vas vivre, et pourtant jamais je ne changerais la moindre seconde. Ce qui est douloureux, ce qui va te blesser à en pleurer, à t'en étouffer de sanglots, ça te servira. Ca sera ton expérience, ça sera tes propres pas. Ca fera mal et ça sera comme ça. Mais tu te relèveras, toujours. Alors au revoir D., au revoir C. Au revoir ceux qui ont comptés. Peut être que tu t'attaches aux mauvaises personnes, peut être Petite que tu leur en demande trop. Et comme tu te doutes déjà, c'est à cause de l'amour que tu les perdras. Même les très proches. Même ceux que tu ne connais pas encore, ceux qui vont arriver l'année d'après mais qui maintenant ne voit pas plus loin que le bout de leur nez. C'est nul?

Pas du tout. Tu ne sais pas encore, mais les déceptions, tu y survivras. Et il y aura énormément de belles rencontres entre temps. Même si à vingt trois ans, tes sentiments n'ont pas changé, que tu as l'impression que tout est amplifié, augmenté. Tu n'as toujours pas trouvé ton modulateur, minimum et très souvent maximum. Tu ris toujours pour la couleur du ciel qui change le matin, et tu tombes amoureuse tous les jours. Du sourire d'un jeune garçon, d'une sculpture sur le recoin d'un mur, de tes lacets bleus lagon. Comment ça, tu n'es pas encore adulte?

Mais bien sur que si. C'est la réponse à la question que tu te poses depuis des années, depuis toute petite, mais comment on fait pour être adulte sans tuer cette partie de toi qui n'entre pas dans les cases? Et bien, tu ne l'as pas tuée du tout. Au contraire, tu l'as apprivoisée. Et tant pis pour les cases, elles ont toujours étaient bien trop laides. Tu as porté à peu près toutes les couleurs sur tes cheveux. Rouge. Brun. Blond. Rose. Tu as des piercing, le dernier a quelques mois et c'est déjà trop long sans en avoir un autre. Tu as des tatouages, et tellement de projets d'autres. Tu es végétarienne depuis peu, et ça te plait, énormément. Tu as des housses de sièges noires et roses à ta voiture. Et avec tout ça, tu es professeur.

Tu as encore beaucoup à apprendre, même maintenant. Tu ne sais toujours pas dire aux gens quand ils te blessent, et tu accumules, tu accumules. Jusqu'au jour où c'est trop, et tu coupes les ponts. Tu t'enfermes dans ton silence en attendant que cela fasse moins souffrir. Et ça, en 2005 comme en 2011, ce n'est pas la bonne solution. Parce que les gens ne comprennent pas toujours quand ils agissent mal. Tu as encore des pas à faire. Tu y arriveras, je n'en doute pas.

Peut être parce qu'il y a Lord derrière toi, qui t'aide à te comprendre. Tu ne le connais pas encore, et c'est bien dommage. C'est même tellement triste qu'en 2005, tu ne fasses pas (encore) partie de sa vie et lui de la tienne. Parce que l'amour, ce n'est pas forcement les conflits, les disputes, les pleurs, les réconciliations. Ce n'est pas cette bague à ta main gauche, celle qui ne veut tellement rien dire. C'est avec Lord aussi que tu le comprendras. Avec vos rires. Vos cartes illimitées de cinéma. Vos bêtises. Vos chats. Votre langue qui mélange les deux vôtres. L’amour, c’est plus doux.

En 2011 tes cheveux seront blonds et il y aura une fleur sur ta nuque, de l'acier dans ton arcade, un amoureux à ton bras et des amis un peu partout à travers la France et le monde.

N'aie pas peur, tout ira bien.

Posté par Hodei à 21:03 - Commentaires [4] - Permalien [#]


Commentaires sur Chère moi même, quelque part en 2005. Tu sais,

    Merci, c'est exactement ce dont j'avais besoin sans le savoir, jolie Nan.

    Posté par mélie, 21 mars 2011 à 21:39 | | Répondre
  • Toujours aussi touchée par ce que tu écris

    Posté par BloodyHell, 22 mars 2011 à 22:54 | | Répondre
  • Je crois que je vais te piquer l'idée ^^.
    C'est très touchant et émouvant cette note.

    Posté par Guyl'., 24 mars 2011 à 20:41 | | Répondre
  • Mélie : Alors très bien si mes mots ont pu t'apporter quelque chose, n'importe quoi, ça me fait très plaisir

    BloodyHelene : Mais merci beaucoup alors

    Guyl': Prends, je t'en prie. Mais c'est quoi ta nouvelle nouvelle adresse de nouveau ? :^)

    Posté par Dame Fanny, 04 avril 2011 à 18:21 | | Répondre
Nouveau commentaire