06 mars 2011

Des morceaux de printemps s'invitent un peu partout. Comme chaque année, je cueille des branches de mimosa pour les offrir à ma mère. J'ai laissé mon écharpe dans le coffre, et je me balade cou nu un peu partout. Je me suis offerte une nouvelle coupe de cheveux pour mon permis. Et avant d'ouvrir ma petite enveloppe qui disait que oui, ça y est, tu vois, tu as réussi, j'étais sur la chaise de la coiffeuse à dire "coupez tout s'il vous plait".

On se fait des soirées remplies de films d'horreur avec Lord. Du coup, je tressaille, je sursaute, je cris, je me cache les yeux derrière tous mes doigts. Lui, imperturbable, me regarde du coin de l'oeil et ricane quand je hurle. En échange, on a rempli presque toute une semaine de film d'animation. Sous la couette rouge et rose, on se comportait comme des gamins. Nous, les trois chats, les pizzas livrées, la pluie qui griffait les fenêtre du sixième étage.

Il m'a piqué une habitude et fronce les sourcils en tendant les bras en arrière, poings fermés, quand il veut quelque chose que je lui refuse. Je continue à lui dire que ce n'est pas vrai, moi, quand je boude, je croise les bras. Depuis que je peux conduire, il m'accompagne bien plus à mes soirées. Ils rencontrent mes Charmantes, et elles ne cessent de lui parler de son soi disant flegme britannique. On sourit beaucoup plus tous les deux, à cause du soleil et des minutes de jours en plus. De la cuisine, j'entends souvent "I Love you". Et ma réponse souvent, dans la baignoire blanche et constellée de taches de peinture, est toujours la même. "Love you more!".

J'ai retrouvé mes élèves après quinze jours de vacances. Il y eu des centimètres en plus, une oreille percée, une mauvaise note en dictée, mais une bonne en maths. Il y a eu le renvoie du collège de l'amoureux, alors tu sais "La vie, c'est dure!". Il y a eu Thalès et Pythagore que j'avais oublié mais qui sont vite revenus dans ma tête parce que quand même le carré de la longueur de l'hypoténuse est égal à la somme des carrés des longueurs des deux autres côtés. En dictée, il y eu le renard qui disait au Petit Prince que "nous aurons besoin l'un de l'autre. Tu seras pour moi unique au monde. Je serai pour toi unique au monde". Et quand même, il existait hein le Petit Prince? Et je répondais que non, mais en fait si, mais en fait c'est comme tu veux. Et même si c'est inventé, c'est pareil, il existe quand même. Il y a eu tout ça, des mots, des sourires, des retour. Ils m'ont manqué.

Posté par Hodei à 22:14 - Commentaires [2] - Permalien [#]


Commentaires sur Des morceaux de printemps s'invitent un peu

    Comme toujours, c'est bon de te lire.

    Posté par Guyl'., 10 mars 2011 à 15:56 | | Répondre
  • Posté par Dame Fanny, 21 mars 2011 à 21:22 | | Répondre
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