02 novembre 2009
J'ai l'impression de faire beaucoup de bêtises en ce moment. Que dans ma quête du "Who I Am", j'en profite pour balancer des coups de pieds dans mes idées pré-conçues, pré-faites, celles toutes brillantes et cristallisées mais qui ne tiennent pas bien le coup. Qui sont jolies mais pas très solides, et surtout pas très intéressantes. Comme celle qui disait "l'Italie pourquoi pas mais d'autres choses à voir avant ". La rencontre dans un bus de nuit de ma jolie Laura m'a faite changer d'avis. Et les soirées qui ont suivi, celles remplies d'erasmus. La première dans le sous sol aux vieilles pierres blanches, où j'ai rencontré Alessia et Alessandro. Et les autres, les deux tchèques qui boivent beaucoup trop, les espagnoles adorables. Les câlins, les rires, Laura qui me saute dans les bras pour me dire "Fanny je t'aime", ce à quoi je lui ai répondu "ti amo Laura". Alessia m'a proposé des cours double, moi de français pour elle et elle d'Italien pour moi. De son côté, Alesandro m'a surprise en me répondant "cassoulet" quand je lui ai demandé s'il voulait que je lui cuisine quelque chose de français "non non non, pas ça, trouve autre chose!". Il a fallut beaucoup de temps pour réunir tout le monde et partir, du coup du bout du trottoir, je criais "hey l'Italie, c'est une habitude le retard?". Ils sont arrivés en riant, alors que Laura était déjà accrochée à mon bras. Dans le tram, les gens autour de nous souriaient de la langue étrangère qui chantait partout.
La deuxième soirée était pour l'anniversaire d'Alessandro. Un appartement, une dizaine de personnes et des maquillages d'horreur sur tous les visages pour Halloween. Il y avait du tiramisu, et des crêpes dont personnes ne savaient le nom en français "c-r-ê-p-e". Et puis il y a eu plus de monde, et j'ai arrêté de compter. Trente, peut être quarante? Les visages connus, les nouveaux. Andy l'autrichien qui ne savait pas parler français et avec qui j'ai discuté en anglais "Where do you from? " Austria" "Australia?" (shame-on-me). On a parlé de ses voyages, de son dégout pour la bière "les autrichiens ne me comprennent pas, et quand je suis parti en Irlande c'était pire". Il m'a montré des prises de judo, et je me suis rappelé comment on nous avait appris à casser un genou avant, quand je passais mes soirées du mercredi les pieds nus sur des tatamis. La seule différence entre eux tous et moi, c'était la phrase que je leur disais "on ne boit pas le vin rouge a la bouteille!". On a chanté joyeux anniversaire dans plusieurs langues, tout comme on a trinqué en européen. Quand j'ai franchi la porte, mon manteau sur le dos, Alessandro m'a serré dans ses bras, fort. Plus tard, sur internet, j'ai écris à Laura en lettre majuscule VI AMO. Elle m'a répondu brava, et j'ai souri encore plus fort.
Vendredi ils viennent tous les trois chez moi, le midi. Pour manger de la cuisine française, mais ce n'est pas le plus important. Par msn, Laura m'a répondu que "l'important que nous serons ensamble pour faire beaucoup de blagues". J'aime autant ses yeux bleus que ses petites fautes dans les mots. J'aime autant leur parler en français que de les écouter parler entre eux en italien. Parce que quand je les écoute maintenant, je pense "qu'est ce que c'est beau" au lieu de "et alors?". Maintenant l'Italie ce n'est plus "pourquoi pas, plus tard", c'est "bientot, dans trois semaines". C'est le pays de ceux qui me touchent en ce moment, de leurs sourires et de leurs vies. J'espère changer encore comme ça, et apprendre encore plus. Je sens un peu que je deviens ce que je suis, petit à petit. J'ouvre les yeux plus fort, et mon dieu que le monde est grand. Et c'est tant mieux.
20 octobre 2009
Je crois que ma route est faite pour croiser des gens. A n'importe quel moment, ma douce Laura dans le bus de nuit, mes gens dans cet IUT dans lequel je ne croyais pas, mes autres dans des détours d'internet. La dernière en date, une amie d'amie de ma mère, m'a tiré les cartes du jeu de Tarot que je venais d'acheter. Et. C'est juste fou. Les mots sur moi, mes choix, sur tout ce que je ne comprends pas. Et même si je reste parfois septique, je n'ai pu qu'incliner ma tête quand elle a parlé de moi, à travers les cartes qui s'associaient. Celles de voyages, du mouvement. "De novembre au printemps". Et c'est dans cette période que se trouve Aix, l'Italie, la Thailande, et peut être le Japon.
Elle m'a dit "tu commences beaucoup de choses sans jamais les finir hum?" et je suis restée bouche bée. Et encore plus quand elle m'a parlé du côté artistique qu'il fallait que j'arrête d'enfouir. Qu'il fallait que je l'utilise. Et que c'était une bonne chose que je me questionne sur mon avenir, qu'il fallait que je continue. Et qu'il fallait que je passe par dessus l'apparence des choses. Elle me l'a répété, mais je ne suis pas sure d'avoir bien su voir clair dans ses mots. Elle m'a parlé de beaucoup de chose encore, de mon professionnel où j'hésite, du regard des autres. Et pour finir d'appuyer ses paroles, elle a dit que c'était une bonne chose, d'avoir refusé un poste dans une structure où je me serais bloquée. Ce refus, ce choix de ne pas faire ce que ma licence m'avait enseignée, je n'en ai parlé à personne. Personne. Mes yeux se sont écarquillés d'avantage, et elle a souri. "Continue à te chercher". Whaou.
15 octobre 2009
Dans le creux d'une soirée, Partenaire s'est connecté. Ça lui arrive rarement, alors je lui ai immédiatement fondu dessus. "Décroche quand je t'appelle Patate!" Il s'est excusé de l'absence de son téléphone auprès de lui, et a demandé les webcam. J'ai allumé la lumière de mon côté, pour qu'il puisse dire "oui ils sont plus clairs tes cheveux". De son côté, c'était son visage et puis ceux des autres, ceux de ses colocataires italiens, qui me faisaient des sourires en m'adressant des mots que je ne comprenais pas. Il m'a traduit qu'ils me trouvaient "bella", et j'ai remercié en l'écoutant me re-traduire. Partenaire s'est remit à l'italien et ça lui allait bien. En revanche ses cheveux plus longs, non. J'ai passé mon temps à mimer une paire de ciseaux, avec mon index et mon majeur. Mais il ne m'écoute jamais pour ça. "Coupe tes cheveux c'est trop long!" Il a dit que là bas, ils aimaient bien. Mais c'est parce que là bas, les gens dont le sang se mélange de Guadeloupe/Cuba/France/ect, ça ne doit pas courir les rues. "C'est pas une raison, va chez le coiffeur!".
Il a porté son ordinateur dans sa chambre, et on a continué à discuter. De son nouveau paysage, de ce qui lui manquait (le vin, le fromage, le pain) et ce qui lui plaisait (les Erasmus, les maltaises, la fac proche de son appartement). Sur ma langue, j'avais "tu me manques", que j'ai traduis en "c'est moins bien ici, sans toi". On a parlé des cours, de la nouvelle salsa qui est tellement plus rigoureuse. La salsa porto ricaine, tes yeux dans les miens, port de tête fier, dos droit. "Soyez élégant" lui ai je répété de notre professeur. C'est différent de notre salsa cubaine, familière, dont on n'a plus peur quand nos doigts s'accrochent. C'est plus difficile, mais pourquoi pas. On mettra en commun quand on se verra, en novembre. Il a confirmé notre projet, celui de se retrouver à Rome pour le congrès. Je dois m'occuper des réservations d'hôtel, même si c'est moi qui ne parle pas italien. Les jours d'après, on partira chez lui, plus près des vagues. On s'est mis d'accord sur les dates, et on a trinqué par webcam. Son verre de rhum-orange a fait semblant de taper contre le mien de rhum-menthe. Et même avec la distance, on a rit. Et on s'est resservi plusieurs fois, chacun face à l'écran, un monde entre nous. Chou m'a glissé le lendemain que c'était pas comme "boire tout seul chez soi", et je lui ai assuré que justement c'était tout l'inverse. C'était nous deux, loin et près en même temps. Quand ses colocataires sont revenus, après deux heures de discutions, je leur ai fais des signes de main. Ils m'ont rendus des sourires, et ça m'a donné envie d'être déjà en novembre.
Avec Laura son erasmus inverse, j'apprends à compter en italien. Et quand elle sera revenu chez elle, là bas, j'irai aussi la voir. Le monde se transforme un peu en marelle en ce moment, j'ai des gens partout sous les cases, et je peux lancer aussi loin que je le veux, j'y trouverai toujours un sourire. Je le sens, dans mes mains qui applaudissent et mes jours qui se cochent, le monde est à nous.
08 octobre 2009
Tout d'abord merci pour les mots. Ici, au téléphone, par mail, toute la journée. Le docteur a appliqué son gel immonde partout sur ma gorge et dans mon cou, a pressé sa machine tout contre ma peau. Dans ma tête, c'était ne-regarde-pas-l'écran-ne-le-regarde-pas. Et puis il a dit plein de mots, a fait des calculs. Puis m'a dit que pour ma thyroïde, tout était normal. Donc la petite grosseur dans le cou, celle qui a fait lancer ce lourd regard à mon médecin, elle va partir. Et surtout, surtout, elle n'est pas dangereuse.
Tout-est-normal-mademoiselle.
Je respire. Vraiment. Parce que tout le stress, toute l'angoisse est partie. Et parce qu'elle m'a fait faire des choses hier soir, cette angoisse insidieuse sous la peau. Puisque je ne pouvais pas dormir, et comme je ne sais pas me ronger les ongles pour faire partir l'inquiétude, j'ai trouvé autre chose. J'ai transformé tout ça en moitié colère, mêlée de tristesse, de déception. J'ai remplie mes fioles de tous mes sentiments négatifs, ceux qui dormaient quelque part sans vraiment être totalement disparus. J'ai fais le point, de ce qui me faisait mal, de ce qui me faisait souffrir. Et j'ai écris. A Dandy. A Demi Roi. A d'autre. J'ai écris tous les poinçons que j'avais sur le cœur à cause des histoires. Dans mes mots il y avait j'en ai marre, et puis aussi notre amitié mérite plus que ça, et puis surtout j'ai peur j'ai besoin de toi mais tu n'es pas là. J'ai écris tout ce qu'il y avait à dire, et même plus. Tout ce que moi j'avais à dire. Je ne regrette pas.
La tempête est passée, je suis rassurée. Cette grosse boule qui cachait mon horizon est partie, et je n'ai plus peur. Ca a renforcé mes projets, mes envies, mes buts. Il n'y a rien qui peut m'en empêcher.
Oh mon dieu comme je suis soulagée.
07 octobre 2009
Je crois que je suis complétement effrayée, par cette échographie de ma gorge, demain après midi.
Je crois que j'ai vraiment, vraiment peur.
C'est peut être rien, c'est peut être autre chose. Il parait qu'il faut attendre.
Je crois que ça me terrorise quand même. Et je croise tous les doigts que je peux. Attendons.
05 octobre 2009
Je ne sais pas ce qui cloche, avec mon automne. Il doit avoir quelques fausses notes, et des fils mal cousus. Ça expliquerait un peu les larmes, dans la nuit. L'incompréhension de Lord, quand je lui murmure "je me sens seule". A cause de ceux qui sont ailleurs. Des silences de celles qui devraient être là, même loin. De ce message que j'ai laissé à So, de la colère ou de la tristesse, rappelle moi rappelle moi rappelle moi. Du manque. De Partenaire, aussi.
Je joue à la grande, mais ce n'est pas facile. Le jeudi soir, quand je le cherche du regard pour rire d'une bêtise. Mais que mes yeux ne le trouvent pas. D'autres gens, les rideaux verts, le carrelage blanc. Et Partenaire nul part. Les musiques, les notres, les souvenirs accrochés avec les notes. Je suis toute seule avec. Et je ne sais pourquoi, quand les cours se terminent, je m'en vais vers notre bar, ou nos anciennes habitudes percutent toujours ma solitude. Le patron ne me demande plus si je suis toute seule encore, et je trinque avec lui maintenant, mon verre de mojito sucré contre son verre non alcoolisé. Il y a toujours des danseurs, des mains qui se placent entre mes omoplates, et des rires. Il y a le jeune garçon brun, celui avec les lunettes aux branches noires. Et le professeur, qui sourit tout le temps et m'appelle ma belle. Il ne manque rien. Je ne manque de rien. Il me manque lui.
Pour garder courage, je réponds aux invitations. Aux soirées, et aux improvisations. Comme celle d'hier soir. Quelque mots sur internet, et un rendez vous. Devant le Grand Théâtre, dans la Vieille Grande Ville. A 21:00, mais la salsa ne commence jamais à l'heure. Jamais. Alors il y avait des inconnus, des sourires, des regards qui se demandaient si on était là pour la même chose. Et puis des visages connus, et des amis à prendre dans mes bras. Et enfin, les premières notes. Alors j'ai ôté mon pull, et j'ai ri avec des filles qui n'osaient pas abandonner le leur. Mais il a suffit de quelques danses pour que le souffle soit court, et le froid disparu. Des gens, les autres, se sont arrêtés. Ils ont souri, et applaudi à plusieurs fin de chansons. Tous les quart d'heure, on devait les avertir "tramway, attention!" , et on riait un peu plus. Les doigts des garçons étaient froids, et les épaules nues des filles frissonnaient parfois. Mais c'était un joli moment. A rajouter aux autres, tous ceux que la salsa a offert. Toutes ces danses, sur une plage ou dans une piscine, sur les pavés glissants ou le ciment collant, dans la chambre de Partenaire ou dans une salle entourés de mille personnes. Et les mains, les pas, les musiques, les inconnus mais on s'en fout, les "tu veux?", les sourires. Vivement que l'Italie me rende mon Partenaire. Vivement
26 septembre 2009
Le travail me mange tout mon temps. Le peu d'heures qu'il me reste, je m'écroule sur la couette à rayures, ou contre l'épaule de Lord. C'est bientôt fini, parait il, mais j'ai l'impression de faire ça depuis des mois. Mon travail de ASH, de jolie cendre comme je dis. Je suis épuisée de beaucoup de choses, et j'ai du parfois me cacher dans une réserve pour cacher mes larmes dans mes bras. C'est peut être la fatigue, ou les décès qu'on coche sur les feuilles. Les maladies, la solitude, tous les sentiments négatifs qui glissent et s'accrochent sur la peau, creuse en dessous. Il y a des moments pas faciles, des envies de tout balancer. Une infirmière méprisante à qui j'ai finis par dire J'ai une licence merde, et qui a eu l'air surprise. Alors qu'on s'en fout en plus, c'est pas les années supérieures qui veulent dire quelque chose, c'est pas les études qui déterminent la valeur. Du coup, l'habitude prise de se faufiler dans les salles vides, assise par terre sur le lino jaune ou orangé.
A force de me mordre la lèvre et d'y laisser les traces de mes dents, j'ai essayé de prendre le meilleur, pour un peu gommer le pire. J'ai fais des jolis rencontres, comme cet ancien combattant de la guerre d'Algérie, très cultivé, avec qui j'ai pu discuter de la seconde guerre mondiale, du fait que Staline était petit en vrai, de la version bien étrange de la fuite de Louis XVI (je ne crois pas un instant mademoiselle qu'un paysan ai pu le reconnaitre, il devait avoir un complot dans tout ça), de la guerre, de quand il était jeune, quand il est descendu de sa voiture pour se battre avec le chauffeur de derrière et que flute, c'était un commissaire de police. On n'a pas parlé de maladie, dans un hôpital c'était bien trop superflu. C'était bien plus agréable de l'écouter parler de son Espagne natale, de ses petits enfants ou de la différence entre le catalan et le basque. J'ai aussi rencontré un maitre calligraphe, qui m'a écrit mon prénom et celui de Lord sur une carte, les deux majuscules en bleu et vert. Il y avait les petites mamies adorables, même celles avec du brouillard, un peu, dans leurs yeux. Celles qui ne savent plus très bien, mais qui disent ma chérie en souriant. Celles qui tentent l'évasion, et dont il faut courir après "Madame-madame-madaaame". Elles ne se souviendront pas de moi, mais ce n'est pas grave, moi je me souviendrais d'elle. Et de tout les autres que j'ai pu croiser, avec qui j'ai souri, discuté, passé un moment. Pour que les heures ici soient moins douloureuses. Et, a plusieurs reprises, quand ils sont venus me remercier en partant, la valise à la main, entouré de proches, femme, enfants, j'ai su que j'avais eu raison.
14 septembre 2009
Je ne dis plus bonjour à Numberone. Plus de gestes,
plus rien. Parce que ma joue contre la sienne, non, c'est trop désagréable.
Parce que si tu ne me respectes pas, très bien moi non plus. Et parce qu'on m'a
dit que tu sais, elle est comme ça, elle dit des choses blessantes, mais elle a
toujours été comme ça. Alors je dis zut, flute, et tout le reste. Je ne dis
plus bonjour, et j'attends. Je l'avais dis que la petite fille avait grandi.
Alors, si on n'a plus rien à se dire, c'est triste mais c'est tant pis. Parce
que le sang ne lie pas tout, et que je n'ai plus tellement envie d'être liée à
celle qui peut dire sans sourciller "moi j'assume complètement d'être
raciste". Ca me froisse en dedans de partager des choses avec elle,
une maison, un père, une mère, Numbertwo. Alors depuis ses mots de
colère, en plus de toutes les additions de choses que je n'aime pas, je joue à
la libellule, je l'évite et je ne lui parle pas. C'est mieux
Et ailleurs de tout ça, dans ma vie et mes gens, y'a eu un joli pic-nic sur un
bout de quai, entre les arbres et le soleil qui se couchait. Pour fêter le
départ de ma Blonde Zoé vers la République Tchèque, loin là bas. On a mangé du
chocolat, des gâteaux, et pleins de choses dispersées sur le paréo bleu. Avec
ma douce Agathe, on a bu des mojitos improvisés, pas si mauvais. Et les heures
sont passées, entre les mots de voyages, les échanges d'adresses de boutiques
bios, et les rires dans les histoires. C'était farfelu et joli, c'était un peu
à l'image de ma Blonde Zoé, que je n'avais pas vu depuis longtemps. Je lui ai
dis de faire attention au froid, de prendre écharpe et bonnet, pour se cacher
de la neige ou du vent, je ne connais pas bien la météo de Prague. Je l'ai
prise dans mes bras, mais ce n'était pas assez. Vivement qu'elle revienne, ou
bien que mon Agathe et moi y partions. Vivement qu'on retrouve les bouts de
paroles, les tissages de mots qu'on avait avant. C'est même pas grave de
grandir quand on sait que les mains qu'on lâche un peu, on les retrouvera
après. Et que ça sera pareil, avec des yeux un peu plus sérieux, des cheveux
différents, mais toujours des sourires autant. Sous les étoiles, on s'est prise
en photo dans la lumière bleue. C'était fou et risible cette fois çi. Et plus
tard, dans la pénombre de la voiture, on a évoqué nos écritures. Les projets.
Les idées folles, et les envies encore plus grande. On doit s'échanger nos
mots, pour voir. On avait les mêmes idées, Agathe et moi. Des mais qu'est ce
qu'on va faire de tous ces mots, de tout ça? On n'a pas encore trouvé de
réponses, mais un autre jour, devant un thé fumant ou un chocolat, peut être
qu'on y arrivera.
07 septembre 2009
Je ne m'y
attendais pas du tout. Que 5 ans après l'avoir écouté pour la première fois, il
me fasse pareil. Et même si Lord ne comprenait pas, ça donnait un mélange de sourire
et de larmes vite cachées. C'est quand dans la poitrine, ça fait n'importe
quoi. Ca crie, ça rit, ça hurle. Saleté. Mais Michael Bublé, c'est toujours la
même chose. La voix, ou bien les mots. Peut être les deux. Et du coup, j'ai les
yeux brillants, et mes dents qui mordent ma lèvre. Touché.
Pourtant, je ne pensais pas. Après tout ce temps, et le cœur qui avait
tellement changé. Depuis 5 ans, mon cœur a changé d'amour, j'ai grandi hein. Je
crois. Je me suis perdue, et maintenant j'arrive à me chercher un peu mieux. Je
ne me suis pas encore trouvée, mais j'avance. J'ai envoyé baladé numberone,
j'ai ouvert mon coeur à numbertwo. Et j'ai réalisé que c'était inutile. Que la
vrai vérité, c'est que oh mon dieu, on s'en fout d'elles. Que leurs avis, leurs
pensées, leurs visions de moi, tout ça, ce n’est pas important. Que je peux
garder la tête levée, et regarder droit, même si. Et si elles ne comprennent
pas, si elles s'emmurent dans des vies qui me font peur, tant pis. J'ai mis des
années, des années entières à comprendre. J'ai changé.
Mais lui, il chante, et dedans, ça se craquelle. Alors du coup, j'appuie sur
les autres chansons, pour voir. Boum. Y'a rien qui change, la dedans. C'est pas
possible de faire battre le coeur comme ça, avec les mêmes mots, si longtemps
après. Et pourtant, si. Je comprends mieux, ou je comprends différemment. J'ai
beau écouter autre chose, avec des écouteurs blanc et no rose-bonbon. Y'a
d'autres personnes dans mon coeur, mais quand j'entends A song for You,
je n'y pense plus. Je pense à lui, nos discutions tard le soir, les mots, les
écrits, les cigarettes blanches qui brulent la gorge. Nos adolescences
confuses. (Sacha que deviens tu?). Maintenant, c'est Lost qui me
fait penser à toi, "and we'll get lost together" peut être. Je ne sais pas bien d'où
viennent certaines larmes, si c'est sur les cicatrices qui brulent encore, un
peu, où si c'est sur la jeune fille que je ne suis plus tout à fait. Si c'est
sur le passé un peu défait, un peu délassé, ou si c'est parce que je n'arrive
plus à me calquer sur celle que j'étais.
Du coup j'ai fais n'importe quoi, et ma main droite choisi d'enchérir sur ce
grand livre, remplie de partitions de piano et de guitare. Parce que. Elle
était bien jolie, l'adolescente, avec ses cheveux noir-ou-rouge-ou-roux, mais
elle n'avait pas tellement de cran. Elle avait beaucoup d'idées, de jolis mots,
mais pas trop de courage. Du peut être, du "si un jour...", du
pff quand je serai grande. Plein de vernis pour cacher, pour tout
dissimuler. Là, maintenant, même si la version moi-blonde-22-ans ne sait
toujours pas trop où elle va, elle essaie. Elle affiche sa liste des 101 choses
sur le mur, et elle commence à en rayer (afficher les visages souriants aux
murs). Et même si elle n'a plus la main de partenaire entre ses omoplates
(merde merde merde), elle enfile ses talons et voila. Et même si cet abruti de
Michael me fait encore pleurer, alors j'achèterai tout. Les partitions,
l'album, la place de concert. Et une fois tout ça fait, j'écrirai une lettre,
avec un anglais incertain, pour dire merci. Pour ces 5 années, pour "à
chaque fois que j'écoute, je", et pour tous les sourires. Thank you very
much.
05 septembre 2009
Je ne sais pas si c'est à cause du travail mais. J'ai les picotements qui reviennent, là, dans la poitrine. Peut être à cause des gens, des sourires que je donne et que je reçois. Du coup, c'est l'envie d'écrire qui réapparait, petit à petit. Pas celle d'ici, non. Celle d'ici, c'est moi je, c'est plus simple. Non, plutot celle de jouer à inventer des vies, des mots, du moi mais pas tellement. Ca revient. On verra bien.
Je suis un peu fatiguée, de travailler pendant huit heures debout. Tellement que je m'endors quand il ne faudrait pas, et que je raye les jours en jaune fluo sur le tableau. Bientot, bientot. Mais le début difficile est passé, et je souris bien plus que je n'ai pleuré le premier jour. Bien sur les patients restent malades, et oh mon dieu ils meurent ces imbéciles. Mais il y a des histoires à écouter, dès que je ferme un peu la porte. Ils aiment bien parler, et rire, avec la petite agent-de-service-hospitalier, qui nettoie les chambres et apporte-ramasse-débarasse les repas. L'autre soir, une dame qui sortait enfin m'a dit "merci pour votre gentillesse". J'étais surprise, mais j'ai réussis à ne pas pleurer. S'ils peuvent rire un peu, penser à autre chose, ça me fait du bien à moi, aussi. Quand j'arrive à rire avec eux, parce qu'ils gardent les couteaux de cuisine "je vous laisse le couteau de survie?""oui oui c'est pour les bêtes sauvages la nuit", ou parce que le roman policier de la dame agée de la 21 est trop compliqué. J'adore quand ils me parlent de leurs enfants, de leurs petits enfants, et même de leurs arrières petits enfants. Du temps passé, ou même du beau temps. Maintenant j'ai le sourire quand je pars, même s'il est parfois tard. Et même en partant travailler, avec le jour qui se lève à peine, le orange qui ourle tout juste le ciel violet.
Et puis l'argent, c'est pour les voyages. Celui plein de soleil avec Choub, quand on sera au milieu de l'hiver. Celui qu'on a vu tous les deux, où y'a marqué soleil, piscine, océan, et alcool quand on veut. Bien sur qu'on va faire les fous, et c'est très bien comme ça. Et puis avant, j'aurai Partenaire et son Italie, bientot. En attendant je l'appelle, et ça me coutera bien trop cher mais tant pis. Parce que son rire au téléphone, ses histoires, ça compense. Je lui ferai une vidéo quand les cours reprendront, avec toutes les passes, pour ne pas qu'il oublie. J'apprendrai sans lui mais tu parles, j'aurai le coeur un peu serré. On fera avec. Dans très vite on se reverra. Dans très vite. Septembre est déja bientot loin.