Nan

Ici.

01 décembre 2009

Je suis rentrée samedi, de mon voyage de deux semaines. J'ai retrouvé ma Vieille Grande Ville, mes habitudes, mes couleurs quotidiennes. Il n'y avait pas d'orangé, pas de rouge poudré, pas de rose clair. Mais il y avait les anciens bâtiments, et les lumières de noel. C'était différent. Un peu dépaysant, un peu changeant, un peu triste. Sono persa ai je écris. Je suis perdue.

L'italie me manquait dès que j'ai pris le train pour Ancone, en direction de Rome et son aéroport. Ancone, c'est la ville de Partenaire pour un an. C'est la ville où il vit, avec ses quatre colocs, dans l'appartement vert au sol en marbre. C'est cet appartement qui m'a fait aimer l'Italie encore plus, avec ses rires et ses chansons. Dans la cuisine, Giovanni me parlait dans un mélange d'anglais et d'italien, et on se donnait les mots qui étaient les mêmes, entre sa langue et la mienne. Il y avait beaucoup de jeux de mains dans les phrases, et beaucoup de choses dans les yeux qui voulaient dire "je comprends ce que tu me dis". On parlait des choses universelles, des garçons, des filles, de l'amour. On se comprenait. Et à chaque fois que je me levais, l'assiette a la main, pour faire la vaiselle, il me disait "dont worry" et me la prenait. J'ai envie de retourner dans cette cuisine, où on mélangeait les langues, et où je pouvais les retrouver dans la nuit, et qu'à 5:00 du matin, ils nous proposaient "pasta?" en remplissant les casseroles.

Je veux revoir les erasmus, tous ces visages souriants, toutes ses langues mélangées. Et quant on parlait en français, les entendre dire en anglais "écoute c'est du français c'est joli" (pas plus que ton italien ma grande). Je veux le festival de salsa encore, les soirées de danse avec Partenaire. Retrouver les mêmes gestes, même en passant deux mois sans se voir. Sa main droite entre mes omoplates et nos souffles trop courts de vouloir tout retenter, tout refaire. Les choses qu'on avait appris pendant nos stages et le reste, comme les tombés très bas, la tête renversée et ses mains soutenant mes épaules. Et le lendemain, rire de nos courbatures. Et recommencer.

Ma soirée de mercredi a été la plus belle. Un rendez vous dans une boite, avec tous les erasmus. Le bus de nuit où le jeune homme aux yeux bleus, Andréas, et ses deux amis, m'ont offert des verres de vodka-kas pendant qu'on riait dans toutes les langues. Trinquer, et renverser la tête pour boire le verre en une seule fois. Et plusieurs fois de suite. Quand on est arrivé, la tête me tournait un peu, et je riais en prenant le bras de Partenaire, en lui disant "regarde les étoiles, c'est les mêmes que chez moi, c'est pareil!". On a discuté avec ses amis turcs, et j'ai souri en les entendant parler dans leurs langue natale "c'est magnifique!". J'ai dansé avec des espagnoles, un finlandais, et d'autres dont je ne me souviens plus la nationalité. Mais ça n'avait pas d'importance, puisqu'on était là ensemble, à chanter les mêmes chansons et à sourire pareil. Peut importe les différences, on se sentait encore plus similaire. En langue des signes, pareil, c'est rapprocher les deux index et les coller. C'était ça mercredi. Français, italiens, espagnoles, turques, maltaises. Pareil.

Posté par Hodei à 19:16 - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

26 novembre 2009

12859_1245566372802_1038674441_30792120_216542_n12859_1245566932816_1038674441_30792134_6237759_n
12859_1245566972817_1038674441_30792135_8288574_n12859_1245567292825_1038674441_30792143_2431387_n

Un (tout petit) morceau du Vatican

12859_1245567572832_1038674441_30792149_5514230_n12859_1245567692835_1038674441_30792152_7244184_n

La fontaine de Trévi

12859_1245568172847_1038674441_30792163_4952049_n12859_1245568852864_1038674441_30792180_6894507_n

Rome et ses couleurs

12859_1245568892865_1038674441_30792181_2426791_n12859_1245569612883_1038674441_30792199_8218922_n

La salsa

Tout ça, j'en veux encore.

Posté par Hodei à 17:36 - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

24 novembre 2009

Je crois que je n'aurais jamais assez de mots. Jamais assez de phrases, de virgules et de points pour tout décrire. Je suis partie de chez moi il y a plus d'une semaine, avec ma valise, mon sac et mon ordinateur. Et j'ai passé des heures dans les trains. A dormir, écrire, regarder le paysage qui changeait au fil des heures, qui se chargeait de soleil ou se couvrait de brume.

Je suis arrivée à Aix en avance. 'Cha n'était pas encore là, et je l'ai guetté, appuyée sur le mur coloré de la petite gare. Je l'ai aperçu de loin et quand il est arrivé près de moi, même avec mes sac, je lui ai sauté dans les bras. On a monté les pentes de sa ville, pendant qu'on se racontait les nouvelles, les choses qu'on ne savait pas encore l'un de l'autre. Celles qu'on n'avait pas eu le temps de se dire, même si elles étaient éloignés depuis. Il m'a fait visiter sa résidence, ce bâtiment où ils sont tous ensemble, avec leurs traditions, leurs sourires, l'alcool de la cafétéria un étage au dessous et toutes les portes ouvertes. J'ai passé quelque jours hors de tout. La journée, j'attendais qu'il finisse ses cours, et je partais visiter les petites rues. Le lundi, j'y ai retrouvé 'Toine, et on a parlé de sa nouvelle vie pour cette année, et il m'a présenté ses colocs. On a commencé à boire beaucoup trop tôt, et j'ai marché beaucoup trop longtemps pour rentrer jusqu'à la résidence, à force de me tromper de chemin. En arrivant, j'ai fais la connaissance de W et de ses yeux verts. W, qui venait de la même Grande Vieille Ville que moi, mais qui avait beaucoup bougé depuis. La nuit a été très longue, à cause des verres remplis d'alcool rose, et des parties de billard. J'ai une brulure ronde sur mon genou, à cause d'une cigarette bien trop près. Mais j'ai bien d'autre souvenirs, comme comment trinquer en croisant les bras, et en se regardant dans les yeux, ou un peu du vocabulaire si spécial à la bas. Un morceau de soirée dans un tout petit appartement rempli de gens, avec un chat noir qui préférait les garçons et les bouteilles de bière offertes dès qu'on en posait une de vide.

C'était difficile de quitter tout ça, le jeudi. Je crois que mes pas me mèneront encore là bas, même s'il doit y avoir des heures de train, somnolente dans les sièges mauves. Le train dans l'autre sens était long, et le ciel s'est constellé de nuages jusqu'à Paris. Où je ne devait rester qu'une nuit, pour partir le matin vers l'aéroport, direction Rome. Dans la grande gare de Termini, il y avait Partenaire. Ses cheveux encore plus long, son écharpe violette. On a posé nos valises dans l'hôtel rempli d'image pieuse, et on est parti visiter, longtemps. Et encore une fois, raconter toutes les histoires qu'on avait loupé, en deux mois. Les nouveaux visages, les anciens, ma crise d'adulte-scente. Dans le musée du Vatican, on a été sérieux au début. Puis beaucoup moins. On a ri, on s'est fait mal au cou à force de regarder partout, sur les murs et sur les plafonds. Les escaliers n'en finissaient pas, mais c'était tellement beau. Comme l'ensemble de la ville. Les murs, les couleurs, les monuments, les fontaines. Les pièces jetées de la main gauche sur l'épaule droite, encore des escaliers dans tout les sens. Le soir, on se perdait dans des petites rues pour trouver un bar/discothèque où il passait de la musique latine. On y a trouvé des visages souriants, des mojitos beaucoup trop alcoolisés et même des français. La nuit s'est terminée encore plus tard, mais a Rome les lumières brillent toujours assez. A Rome ça compte moins que dans ma Vieille Grande Ville. A Rome c'est ailleurs, et c'est très bien comme ça.

Posté par Hodei à 13:55 - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

16 novembre 2009

Tout va très vite maintenant. Samedi soir, j'ai fermé la porte de chez moi, de ma maison aux poutres bleues. J'ai dis au revoir à tous, et ma valise ne me semblait pas lourde du tout. Même dans les escaliers du bus de nuit, même sur les pavés. Puisque je rejoignais des gens que j'avais envie de voir, et que mon train n'était que le lendemain matin.

J'ai fais la connaissance d'A. dont les cheveux frisés et le sourire m'ont immédiatement séduite. Et encore plus quand dans la soirée, en parlant de décolletés, elle m'a dit "je peux?" et avant même que je ne comprenne, plaçait sa main sur ma poitrine. On s'est étouffé de rire avec Tea, alors qu'il ouvrait grand les yeux en disant "c'est juste moi qui ai bu les filles ou quoi?". Les rues étaient à nous, et il y a eu encore beaucoup de rire pendant qu'on marchait sur le bitume. Encore plus dans le bar où des bulles multicolores courraient sur le mur. J'ai discuté avec la jolie A., qui complimentait la couleur de mes cheveux, acquise dans l'après midi. Une erreur de boite de teinture, et certaines mèches presque blondes "Tu parles, ça fait prostituée des pays de l'est!". Elle a souri et je me suis déclarée jalouse de ses boucles. On a rit encore, alors qu'elle sirotait son jus de fruit pendant qu'on recommandait de l'alcool.

Tea, sa main sur mon épaule, me racontait des histoires de famille pas vraiment jolies. A un moment, j'ai ouvert grand les yeux en disant "ton verre!", qui était vide alors que le mien en contenait encore la moitié. Et sa voix grave "tu me connais mal petite Fanny". Il est reparti remplir les nôtres, et j'ai arrêté de compter. Dans le creux de mon oreille, il m'expliquait les relations entre les gens de la table. Celles qu'il connaissait, celles qui devinait. Quand la grande brune, celle qui peignait des tableaux, est partie avec l'homme aux cheveux longs, il a souri. Il l'avait dit juste avant. Il a parlé d'autre choses, et je n'ai osé lui demander ce qu'il avait deviné de moi quand on s'est connu, il y a un mois de ça maintenant. Je sais juste que ma première impression sur lui n'était pas la bonne, un peu trop négative. Plusieurs soirées plus tard, après avoir écouté la musique qu'il compose, trinqué trop de fois, parlé de nos vies, des voyages, de son futur tour de l'Australie, emmêlé mes doigts aux siens quand ça tanguait trop, j'ai changé d'avis. Je crois que Tea, c'était mon déclic à moi, le truc qui me disait de continuer sur mon chemin, même s'il est de travers, même si je trébuche. Continue à te chercher et continue de vouloir ouvrir grand les yeux. Cherche à partir, à découvrir, même si ça te coupe en deux de peur d'abandonner tes habitudes.

Je viens de passer quelques jours à Aix, et je dois aller prendre mon train pour la Capitale. Demain Rome. Plus tard Ancone. Dans mes mains et sous ma peau, j'ai des frissons qui disent "encore".

Posté par Hodei à 14:46 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

09 novembre 2009

Sous la table de bois brun, celle du fond où les lumières orangées tamisées ne nous touchaient presque pas. Sous cette table, ma jambe tremblait, puisque je parlais à Dandy que je n'avais pas vu depuis quelque mois. Je parlais de l'incompréhension, du pourquoi, de je-suis-quoi-pour-toi?, et de tout ce qui se passe quand une amitié déraille un peu. Du silence qui fait mal, bien plus que les mots, celui où s'enfouit la colère, l'aigreur, les douleurs des histoires qui s'emmêlent. On a parlé longtemps, et les verres se sont succédés devant nous. Les pintes pour moi, son whisky, et nos mots. La tête m'a un peu tourné, j'ai fini par sourire. Parce que même si mes ongles s'accrochaient à maintenir ma colère contre lui, à ne pas le laisser revenir si facilement, j'étais contente de le retrouver. Ses yeux, ses cheveux noirs, sa vision du monde. J'ai finis par ne plus serrer les dents du tout, ma jambe a arrêté de trembler et j'ai partagé tout ce qu'il avait loupé. Les jolies, les moins jolies aussi, celles qui font que j'ai perdu l'appétit en ce moment. Je lui ai raconté qu'il y avait beaucoup d'histoire qui pouvaient naitre dans des sourires, des rencontres, et pas forcement des très heureuses. Des bêtises. Laura m'a appris qu'on disait guaio, une bêtise. Ça sonne pareil.

Il y avait beaucoup de confidences, entre les gouttes giflant les joues quand il voulait fumer ses cigarettes blanches, puis dans sa voiture blanche. Quand on me déposant devant chez moi, il m'a dit "amis?", j'ai souri dans le noir, et j'ai confirmé. Saleté de russe trop convaincant.

Posté par Hodei à 17:16 - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

02 novembre 2009

J'ai l'impression de faire beaucoup de bêtises en ce moment. Que dans ma quête du "Who I Am", j'en profite pour balancer des coups de pieds dans mes idées pré-conçues, pré-faites, celles toutes brillantes et cristallisées mais qui ne tiennent pas bien le coup. Qui sont jolies mais pas très solides, et surtout pas très intéressantes. Comme celle qui disait "l'Italie pourquoi pas mais d'autres choses à voir avant ". La rencontre dans un bus de nuit de ma jolie Laura m'a faite changer d'avis. Et les soirées qui ont suivi, celles remplies d'erasmus. La première dans le sous sol aux vieilles pierres blanches, où j'ai rencontré Alessia et Alessandro. Et les autres, les deux tchèques qui boivent beaucoup trop, les espagnoles adorables. Les câlins, les rires, Laura qui me saute dans les bras pour me dire "Fanny je t'aime", ce à quoi je lui ai répondu "ti amo Laura". Alessia m'a proposé des cours double, moi de français pour elle et elle d'Italien pour moi. De son côté, Alesandro m'a surprise en me répondant "cassoulet" quand je lui ai demandé s'il voulait que je lui cuisine quelque chose de français "non non non, pas ça, trouve autre chose!". Il a fallut beaucoup de temps pour réunir tout le monde et partir, du coup du bout du trottoir, je criais "hey l'Italie, c'est une habitude le retard?". Ils sont arrivés en riant, alors que Laura était déjà accrochée à mon bras. Dans le tram, les gens autour de nous souriaient de la langue étrangère qui chantait partout.

La deuxième soirée était pour l'anniversaire d'Alessandro. Un appartement, une dizaine de personnes et des maquillages d'horreur sur tous les visages pour Halloween. Il y avait du tiramisu, et des crêpes dont personnes ne savaient le nom en français "c-r-ê-p-e". Et puis il y a eu plus de monde, et j'ai arrêté de compter. Trente, peut être quarante? Les visages connus, les nouveaux. Andy l'autrichien qui ne savait pas parler français et avec qui j'ai discuté en anglais "Where do you from? " Austria" "Australia?" (shame-on-me). On a parlé de ses voyages, de son dégout pour la bière "les autrichiens ne me comprennent pas, et quand je suis parti en Irlande c'était pire". Il m'a montré des prises de judo, et je me suis rappelé comment on nous avait appris à casser un genou avant, quand je passais mes soirées du mercredi les pieds nus sur des tatamis. La seule différence entre eux tous et moi, c'était la phrase que je leur disais "on ne boit pas le vin rouge a la bouteille!". On a chanté joyeux anniversaire dans plusieurs langues, tout comme on a trinqué en européen. Quand j'ai franchi la porte, mon manteau sur le dos, Alessandro m'a serré dans ses bras, fort. Plus tard, sur internet, j'ai écris à Laura en lettre majuscule VI AMO. Elle m'a répondu brava, et j'ai souri encore plus fort.

Vendredi ils viennent tous les trois chez moi, le midi. Pour manger de la cuisine française, mais ce n'est pas le plus important. Par msn, Laura m'a répondu que "l'important que nous serons ensamble pour faire beaucoup de blagues". J'aime autant ses yeux bleus que ses petites fautes dans les mots. J'aime autant leur parler en français que de les écouter parler entre eux en italien. Parce que quand je les écoute maintenant, je pense "qu'est ce que c'est beau" au lieu de "et alors?". Maintenant l'Italie ce n'est plus "pourquoi pas, plus tard", c'est "bientot, dans trois semaines". C'est le pays de ceux qui me touchent en ce moment, de leurs sourires et de leurs vies. J'espère changer encore comme ça, et apprendre encore plus. Je sens un peu que je deviens ce que je suis, petit à petit. J'ouvre les yeux plus fort, et mon dieu que le monde est grand. Et c'est tant mieux.

Posté par Hodei à 23:27 - Commentaires [6] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

20 octobre 2009

Je crois que ma route est faite pour croiser des gens. A n'importe quel moment, ma douce Laura dans le bus de nuit, mes gens dans cet IUT dans lequel je ne croyais pas, mes autres dans des détours d'internet. La dernière en date, une amie d'amie de ma mère, m'a tiré les cartes du jeu de Tarot que je venais d'acheter. Et. C'est juste fou. Les mots sur moi, mes choix, sur tout ce que je ne comprends pas. Et même si je reste parfois septique, je n'ai pu qu'incliner ma tête quand elle a parlé de moi, à travers les cartes qui s'associaient. Celles de voyages, du mouvement. "De novembre au printemps". Et c'est dans cette période que se trouve Aix, l'Italie, la Thailande, et peut être le Japon.

Elle m'a dit "tu commences beaucoup de choses sans jamais les finir hum?" et je suis restée bouche bée. Et encore plus quand elle m'a parlé du côté artistique qu'il fallait que j'arrête d'enfouir. Qu'il fallait que je l'utilise. Et que c'était une bonne chose que je me questionne sur mon avenir, qu'il fallait que je continue. Et qu'il fallait que je passe par dessus l'apparence des choses. Elle me l'a répété, mais je ne suis pas sure d'avoir bien su voir clair dans ses mots. Elle m'a parlé de beaucoup de chose encore, de mon professionnel où j'hésite, du regard des autres. Et pour finir d'appuyer ses paroles, elle a dit que c'était une bonne chose, d'avoir refusé un poste dans une structure où je me serais bloquée. Ce refus, ce choix de ne pas faire ce que ma licence m'avait enseignée, je n'en ai parlé à personne. Personne. Mes yeux se sont écarquillés d'avantage, et elle a souri. "Continue à te chercher". Whaou.

Posté par Hodei à 00:34 - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

15 octobre 2009

Dans le creux d'une soirée, Partenaire s'est connecté. Ça lui arrive rarement, alors je lui ai immédiatement fondu dessus. "Décroche quand je t'appelle Patate!" Il s'est excusé de l'absence de son téléphone auprès de lui, et a demandé les webcam. J'ai allumé la lumière de mon côté, pour qu'il puisse dire "oui ils sont plus clairs tes cheveux". De son côté, c'était son visage et puis ceux des autres, ceux de ses colocataires italiens, qui me faisaient des sourires en m'adressant des mots que je ne comprenais pas. Il m'a traduit qu'ils me trouvaient "bella", et j'ai remercié en l'écoutant me re-traduire. Partenaire s'est remit à l'italien et ça lui allait bien. En revanche ses cheveux plus longs, non. J'ai passé mon temps à mimer une paire de ciseaux, avec mon index et mon majeur. Mais il ne m'écoute jamais pour ça. "Coupe tes cheveux c'est trop long!" Il a dit que là bas, ils aimaient bien. Mais c'est parce que là bas, les gens dont le sang se mélange de Guadeloupe/Cuba/France/ect, ça ne doit pas courir les rues. "C'est pas une raison, va chez le coiffeur!".

Il a porté son ordinateur dans sa chambre, et on a continué à discuter. De son nouveau paysage, de ce qui lui manquait (le vin, le fromage, le pain) et ce qui lui plaisait (les Erasmus, les maltaises, la fac proche de son appartement). Sur ma langue, j'avais "tu me manques", que j'ai traduis en "c'est moins bien ici, sans toi". On a parlé des cours, de la nouvelle salsa qui est tellement plus rigoureuse. La salsa porto ricaine, tes yeux dans les miens, port de tête fier, dos droit. "Soyez élégant" lui ai je répété de notre professeur. C'est différent de notre salsa cubaine, familière, dont on n'a plus peur quand nos doigts s'accrochent. C'est plus difficile, mais pourquoi pas. On mettra en commun quand on se verra, en novembre. Il a confirmé notre projet, celui de se retrouver à Rome pour le congrès. Je dois m'occuper des réservations d'hôtel, même si c'est moi qui ne parle pas italien. Les jours d'après, on partira chez lui, plus près des vagues. On s'est mis d'accord sur les dates, et on a trinqué par webcam. Son verre de rhum-orange a fait semblant de taper contre le mien de rhum-menthe. Et même avec la distance, on a rit. Et on s'est resservi plusieurs fois, chacun face à l'écran, un monde entre nous. Chou m'a glissé le lendemain que c'était pas comme "boire tout seul chez soi", et je lui ai assuré que justement c'était tout l'inverse. C'était nous deux, loin et près en même temps. Quand ses colocataires sont revenus, après deux heures de discutions, je leur ai fais des signes de main. Ils m'ont rendus des sourires, et ça m'a donné envie d'être déjà en novembre.

Avec Laura son erasmus inverse, j'apprends à compter en italien. Et quand elle sera revenu chez elle, là bas, j'irai aussi la voir. Le monde se transforme un peu en marelle en ce moment, j'ai des gens partout sous les cases, et je peux lancer aussi loin que je le veux, j'y trouverai toujours un sourire. Je le sens, dans mes mains qui applaudissent et mes jours qui se cochent, le monde est à nous.

Posté par Hodei à 00:48 - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

08 octobre 2009

Tout d'abord merci pour les mots. Ici, au téléphone, par mail, toute la journée. Le docteur a appliqué son gel immonde partout sur ma gorge et dans mon cou, a pressé sa machine tout contre ma peau. Dans ma tête, c'était ne-regarde-pas-l'écran-ne-le-regarde-pas. Et puis il a dit plein de mots, a fait des calculs. Puis m'a dit que pour ma thyroïde, tout était normal. Donc la petite grosseur dans le cou, celle qui a fait lancer ce lourd regard à mon médecin, elle va partir. Et surtout, surtout, elle n'est pas dangereuse.
Tout-est-normal-mademoiselle.

Je respire. Vraiment. Parce que tout le stress, toute l'angoisse est partie. Et parce qu'elle m'a fait faire des choses hier soir, cette angoisse insidieuse sous la peau. Puisque je ne pouvais pas dormir, et comme je ne sais pas me ronger les ongles pour faire partir l'inquiétude, j'ai trouvé autre chose. J'ai transformé tout ça en moitié colère, mêlée de tristesse, de déception. J'ai remplie mes fioles de tous mes sentiments négatifs, ceux qui dormaient quelque part sans vraiment être totalement disparus. J'ai fais le point, de ce qui me faisait mal, de ce qui me faisait souffrir. Et j'ai écris. A Dandy. A Demi Roi. A d'autre. J'ai écris tous les poinçons que j'avais sur le cœur à cause des histoires. Dans mes mots il y avait j'en ai marre, et puis aussi notre amitié mérite plus que ça, et puis surtout j'ai peur j'ai besoin de toi mais tu n'es pas là. J'ai écris tout ce qu'il y avait à dire, et même plus. Tout ce que moi j'avais à dire. Je ne regrette pas.

La tempête est passée, je suis rassurée. Cette grosse boule qui cachait mon horizon est partie, et je n'ai plus peur. Ca a renforcé mes projets, mes envies, mes buts. Il n'y a rien qui peut m'en empêcher.
Oh mon dieu comme je suis soulagée.

Posté par Hodei à 00:57 - Commentaires [7] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

07 octobre 2009

Je crois que je suis complétement effrayée, par cette échographie de ma gorge, demain après midi.
Je crois que j'ai vraiment, vraiment peur.
C'est peut être rien, c'est peut être autre chose. Il parait qu'il faut attendre.
Je crois que ça me terrorise quand même. Et je croise tous les doigts que je peux. Attendons.

Posté par Hodei à 01:00 - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Page suivante »