24 juillet 2008
Je prépare a Grande Soirée d'août. Je m'amuse d'un décompte que Tibo a instauré. Lui qui ne cesse de m'appeler Ma Reine depuis quelques temps. Pour des obscures raisons. Son monsieur me plait, même s'il existe des résistances de la part de Lord. Et même Dandy. Ce même Dandy qui m'a boudé toute la semaine, pour un appartement que je ne pouvais prendre avec lui. Il était rempli d'ironie et d'arrogance, défauts trop exploités durant notre temps du Lycée, et qui m'énervait déjà à l'époque. Du coup il a gardé le silence, et, voyant que les jours ne me ramenait pas, m'a reparlé. Lord m'a murmuré de ne pas faire l'enfant. Parce que mon Dandy, il l'aime aussi.
Mon travail est fini depuis hier. Et même si j'ai apprécié le retour de Thomas, que je n'avais pas vu depuis trois ans. Je suis bien contente d'avoir terminé mes journées. A cause des histoires. Que j'essayais d'expliquer à Lord, le soir venu. Que ce regard, sur ma peau et sur moi, me donnait l'envie de vomir et me faisait frissonner de dégout. Je crois qu'il a compris. Lord travaillera à ma place à partir d'août. Et je souris de l'imaginer, lui et ses larges épaules, rencontrer celui-qui-lance-des-rumeurs.
Le reste de l'été, c'est toujours les messages du Chat, pour demander la permission de venir plonger sa tête dans l'eau turquoise. La réponse est souvent oui, et j'en profite souvent pour proposer le programme à la jolie Sophie. Avec qui on a battu le record de neuf messages sur l'écran des portables, alors que nous devions toute deux travailler à nos boulots respectifs. Elle nous rejoint souvent, avec le Chat. Parfois sans affaires, alors je lui prête des hauts et bas de maillots dépareillés, une serviette bleu claire, et on discute longtemps. En ce moment, c'est surtout les propos de Petite Blonde qui sont source de dialogue. Et de rires. On parle aussi des autres, de Chou ou de Lord. Des futures soirées fast-food-mauvais-films.
Et de La Soirée. Celle où il arrive toujours des choses, bonnes et mauvaises. Qui m'a fait clôturer mes amitiés avec Damien, puis avec Petite Blonde. J'ai encore en tête la porte de ma chambre que je poussais, pour y trouver Petite Blonde et Partenaire, occupés à vouloir faire je-ne-veux-pas-savoir. Du coup on improvise ce qu'il se passera, dans une poignée de jours. On croise les doigts pour moins de drames. Et on espère devant les costumes, les rires, l'alcool, et nous tous. Ca devrait aller, hein?
13 juillet 2008
Le chat qui ne devait être là que temporairement prends peu à peu sa place. Et je sens qu'elle va finir par y rester, dans l'appartement de Lord. Il lui a même donné un nom, Lilith. Que j'ai trouvé joli, au début. Mais les recherches sur son origine m'ont fait murmure un "évidemment", et j'ai trouvé le prénom beaucoup moins tendre. Mais c'est tout à fait Lord. Et voir le chaton niché dans son cou quand je me lève - trop tôt -, ça me laisse un léger sourire sur le visage. Et cela même s'il faut réveiller tout le monde pour ne pas finir en retard à l'heure d'embauche.
Le travail est épuisant, et mes jambes se couvrent de pétales bleus. Lord s'interroge toujours un peu plus alors qu'il observe mon corps, une derrière le genou, une couvrant l'avant du pied, une sur le mollet. A cause des bastes remplis de feuilles qui cognent contre mes jambes, mes bras, contre ma hanche. Tout ça pour reprendre un emploi saisonnier que j'avais laissé il y a quelques années de cela. Revoir les visages connus, l'immense marguerite tatouée avec trois aiguilles sur le bras de Lio. Et les rumeurs, moins agréable. Comme celle qui murmure que j'aurai laissé l'un d'eux poser un peu trop ses mains sur moi, avant. Rumeur lancée par le pseudo séducteur, en vacances en ce moment. Et de m'étouffer en rétorquant "je n'aurais jamais laissé un homme avec flipper le dauphin tatoué sur l'omoplate poser une seule main sur moi". Les autres ont cru ma version, mais mes mèches blondes et mes décolletés-après-travail n'ont pas vraiment joué pour moi. Une semaine et des poussières, et j'aurais terminé. Je compte déjà les jours.
Heureusement, il n'y a pas que ça. Quand j'enlève mon tee shirt vert sombre et que j'essuie la terre sur mes tempes, que j'ébouriffe mes cheveux. Il y a l'appartement rempli de Jack-Jasper-Lilith. Chou et le Chat qui viennent nous amener chercher de la mauvaise nourriture, à Lord et moi. Pour ensuite la manger en regardant des films horriblement mauvais, petite habitude gardée du nouvel an. Puis, à quatre sur le balcon au sixième étage, regarder le feu d'artifice de la petite-jolie-ville, tout près. Et les autres, des communes d'a côté aussi. Des paillettes bariolées plein le ciel noir, et des bruitages qui m'ont fait pleurer de rire.
Dans mon été, il y a surtout les gens que je prends de voir, après l'année trop remplie. La jolie So' et ses histoires de cœurs, ainsi que les miennes, qui nous prennent tout un après midi de paroles, les pieds dans l'eau turquoise. Et son avis sur l'histoire avec Petite Blonde. Petite Blonde que j'ai revue, et qui croit que tout est effacé grâce au temps. Alors que pour moi, c'est plutôt elle qui s'efface, petit à petit. Puisqu'elle ne sera plus l'amie que j'ai eu. Et So' qui comprend, et qui se met à douter également de son amitié pour elle. A cause de ses paroles un peu stupides, un peu trop immatures. Voir complètement. Et je n'avais pas assez de mots, pour dire à quel point c'était important pour moi, qu'elle comprenne mon point de vue. Surement grâce à toutes ces années ensembles. Même si ça ne fait pas tout, puisque que je connais Petite Blonde depuis le lycée, et qu'elle n'arrive pas à la cheville de mes Iutiens que je connais depuis seulement deux-ans-et-alors. Puisque je ne vois aucun d'entre eux faire des actes suffisamment égoïste pour tout gâcher. Et c'est pour cette raison que pour a Grande Soirée, je ne fermerai pas les portes à clef. Je leur fais confiance, à eux. Et elle, elle s'évapore.
27 juin 2008
été
Nan dit :
choub d'amooour
Julo dit :
oui ?
Nan dit
je t'aiiiime
Julo dit :
c gentil
Julo dit :
me too
26 juin 2008
Le soleil est partout et Lord me dit que j'en ai sur le teint. Je m'amuse à le voir dépérir par la chaleur qu'il ne supporte pas. Chacun son tour Sweet Lord. Lui est toujours plein de plaisanteries sur ma petite personne qui ne supporte pas le froid, et que je couvre d'écharpes, de casquettes gavroche, de mitaines et de pulls. Alors quand les rôles s'inversent, c'est moi qui ris. Même si je m'inquiète un peu de son cœur qui bat bien vite. Et de son air perdu contre les températures qu'il n'a jamais connu, enfant. Il dit que je triche, avec mes cheveux blonds et mes yeux bleus. Que je devrais souffrir comme lui, et pas être une espagnole déguisée. La génétique s'est amusée de moi.
Parfois les orages mangent le ciel du sud. Avec un peu de chance, ils se déclenchent quand je suis dessous, et que je rentre à pied de la fête de la musique. Juste le temps de jurer, après avoir reçu la première goutte sur l'épaule, et c'est tout le reste de l'eau qui s'abat sur moi. Et qui m'amenait trempée, le maquillage noir coulant sur les joues, dans l'appartement silencieux de Lord qui semble dormir. Mais qui avait ses yeux verts finalement ouverts. Alors sa peau brûlante contre mes doigts. Et tous ces moments à faire l'amour, quand l'air est trop chaud, au sixième étage, les cheveux collés contre mes tempes. Et même des larmes, qui coulent sur mes joues, et qui sont un peu tout. Et qu'il comprend, avec un sourire, que je lui rend. Il y a des je t'aime qui ne sont pas assez fort, qui ne disent pas tout. Qui oublient tout ce qui se cache sous la peau, et les sentiments qui ruissellent trop vite. Et peut être que j'arrive mieux à les dire, quand je rentre chez lui, et que je n'ai pas le temps d'un seul mot, que ses lèvres sont déjà tout contre les miennes, et sa main entre mes omoplates. Et même s'il râle, de ses lignes pourpres contre son dos, il sait très bien qu'il n'aura en réponse qu'un sourire.
20 juin 2008
Je repasse le bac, en ce moment. Ou plutôt je leur écris le leur, à ceux qui je peuvent pas. Mes gens de l'institut. Au début, je voulais les appeler Ceux-qui-sont-tombés. Mais au fil des mois passé avec eux, je crois que j'ai trouvé bien plus juste : Ceux-qui-se-relèvent.
J'ai bientôt fini mon travail, et je ne les retrouverais qu'en septembre. Du coup hier soir, c'était la grande-vieille-ville a la nuit tombée, encore brûlante du soleil fondu sur les pavés et contre les murs. Et Corentin, qui repart dans sa Normandie vendredi. Alors je l'ai amené au Bar-de-d'habitude, avec le gentil serveur aux cheveux longs. Il a adoré la bière à la banane, mais a grimacé en goûtant le Bloody-Marie que je lui tendais. Et à la seule différence près avec les autres, c'est que j'étais sur un siège de bar, sur la terrasse, et lui dans son fauteuil. Ca surprenait les gens, un peu. La petite blonde futile au décolleté qui tenait le verre du tétraplégique aux cheveux en bataille. Mais sinon, Evidemment, le reste, c'était la même chose. Les discutions, les paroles sur les couples, et les bêtises qui en découlent, les études, l'adolescence. On a parlé de son accident, un peu, mais on connaissait déjà le sujet. Un plongeon. Mal terminé. Et tétraplégique juste avant son anniversaire des 18 ans. C'est comme ça. C'est injuste, dégueulasse, à vomir. Bien sur que j'en ai pleuré, au début, de toutes ces vies décousues. Mais c'est parce que je n'avais rien compris, aussi. Que le fauteuil m'avait empêché de voir le reste. De voir la force qu'ils ont. Et tout les projets qui vont avec, même si.
Je reviendrai l'année prochaine, parce que j'y suis bien, à l'Institut. A leur piquer tout les livres possibles, et à discuter. Avec la jolie Morgane, qui tape sur les touches de son portable pour me répondre, puisque sa voix est coupée, ou l'expressive Marie qui parle très fort, ou encore Corentin et Mathieu, mes deux garçons mordu un peu trop jeune par les réalités négatives de la vie. Chute d'un arbre, ou contre l'océan. Mais ils se battent, tous. Ils continuent à avancer. Et quand je parle de mon métier, et que pour la énième fois on me dit "moi je ne pourrais pas", moi c'est tout l'inverse. Je ne pourrais pas ne pas y être.
12 juin 2008
Des nouvelles plus ou moins bonnes pour mon dos. J'ai retrouvé le grand cabinet du Kiné, dans la clinique rouge. Il ne sait pas encore ce que j'ai. Et je boite de plus en plus. Lord ne veut pas que je marche avec une béquille. Ces mots m'ont semblés hors propos, comme ça lui arrive en ce moment. Les reproches. Le reste. Heureusement, il y a autre chose. Comme les soirées enfoncés sous la couette, à regarder les saisons des séries défiler. En fond, les bruits de Jack and Jasper, les deux bestioles qu'on a rajoutées à l'appartement. The Rabit with fallen ears, et le India Pig. Je balbutie n'importe quoi en anglais, à force.
Ce soir, c'est danse. Avec Partenaire, à qui j'ai dis pas mal de bêtises. A cause de ses actes, avec Petite Blonde. Et même si c'est toujours "je l'avais bien dis" qui revient en premier, il reste aussi la déception. Ses paroles. Et les réponses surprenantes, quand je le questionne. Peut être le punch, qui fait avouer plus vite. Et le "je ne suis jamais tombé amoureux" entre deux danses. Et même si j'ai souvent l'esprit un peu embrumé avec lui, j'ai le défaut de ne jamais rien oublier. Et même si, le silence avec elle depuis des mois. J'ai bien souvent envie de lui envoyer ce mail, remplie de ses phrases à lui. Que même s'il a réussit à la séduire, alors que j'avais prévenu et mis en garde. Qu'il a réussit à entrer entre ses draps, sûrement avec les paroles sucrées qu'il aime murmurer, ou ses yeux trop noirs qu'il sait utiliser, et avec lesquels il s'amuse à me faire rougir, parfois. Que même avec tout ça, avec les mois qui s'écoulent. Qu'il ne l'aime pas.
Je ne saisis jamais, quand il essaie de m'expliquer. Sa notion de couple, sans amour. La possible affection. Sans tout le reste, qui fais battre le cœur, et faire des projets. Et ses mots, que j'apprends par d'autre. Sa prétention sur ce qu'il fait, une fois la lumière éteinte. Ce qu'il croit savoir, et tout ce qu'il ne comprend pas. Alors, je m'amuse à le faire parler. Pour mieux lui dire à quel point il ne connait rien. Et j'aime qu'il surenchérisse, toujours. Et que je conclue, encore une fois. Car il ne mène qu'en danse, quand sa main caresse ma peau, entre mes omoplates. Et c'est bien la raison pour laquelle je continue à vouloir le voir. L'histoire est compliquée. Remplie de non dit. De putain dieu que j'aurai aimé ne pas te trouver dans ma chambre avec elle, cette nuit d'aout. De regrets et de tensions. Mais il est mon partenaire. Et si on ne se comprend pas toujours, il est celui avec qui je danse. Et celui avec qui je danser. Pas un autre. Alors même ces foutus histoire de passion, de pseudo amour, d'incompréhension. Tant pis. Il est mon Partenaire.
02 juin 2008
J'ai tellement de nouvelles que j'en ai le tournis. Pour de vrai, même. Ma chute ce matin, après être sortie de sous la couette rose-rouge de Lord. Mon corps s'amuse à additionner les erreurs. Le dos bloqué, qui va me forcer à retourner dans la grande salle d'entraînement de mon kiné. Pas vu depuis un an, il va râler, puis sourire. Et ça me fera même plaisir de le revoir, même s'il faut marcher un peu, pour accéder à la clinique. Et je boitille en ce moment, ce qui fait souvent rire mes garçons, qui me traitent de tous les noms, et surtout de vieille dame.
D'ailleurs mes garçons, j'ai bien pu profiter d'eux. Tous. A mes vingt et un ans, et dès minuit, j'avais un baiser de Partenaire planté sur mes lèvres, et c'est face à ma mine surprise qu'il m'a hurlé BON ANNIVERSAIRE, le visage orné de son grand sourire. J'ai ri. Et j'ai ri encore plus quand Chou' essayait de me parler au téléphone, mais que l'alcool faisait trébucher ses mots. Et c'était encore mieux, quand je l'avais en face de moi, pour le dîner tous ensemble. Ulrik, le patron qu'on commence à connaître maintenant, qui me questionnait " mais vous êtes la seule demoiselle?" alors que j'acquiesçais. J'avais mon Lord, Dandy et sa moitié, Demi Roi, Chou', Le chat. Les bêtises. La bière à la banane dont je suis devenu accro, et l'alcool qu'on ne cessait d'offrir à Demi Roi pour mieux éclater de rire à sa mine embrouillée.
Le mieux, c'est que se sont les mêmes personnes que j'ai retrouvé au même restaurant, pour les vingt trois ans de Chou'. Et mêmes, en plus, mes deux bécasses de la fac, qui m'ont empêché de manger, à cause des fous rire. J'avais invité en cachette les amis de Chou' et sa mine ravie-surprise valait toutes les photos du monde. Et ses clins d'oeil quand il a trouvé qui avait amené ses gens autour de la table. Et j'ai même eu droit, alors qu'il ordonnait à Lord de fermer les yeux, à un baiser de sa part sur ma bouche pour dire merci. Et de toute façon, Lord était trop occupé à enlever les mains baladeuses de Demi Roi et de Dandy de sa poitrine ou de ses bras. Et j'avais beau crier à tout va " Arrêtez de toucher à mon homme, il ne finira pas gay comme vous!", ça ne servait pas à grand chose. Juste à les inciter à continuer d'avantage, alors que Lord usait de tout les moyens pour les repousser, en riant. Je ne pouvais de toute façon pas grand chose pour lui, coincée par l'humour de mes bécasses, qui n'auront pas d'autre surnoms pour le moment, bien fait pour eux. Et l'un d'eux qui ne cessait de répéter "j'arrêterai de dire ça quand ça arrêtera de te faire rire". Et on a même suivi le programme culturel fait par le Chat et moi "bar-resto-bar". J'ai offert son cadeau à Chou', et même la petite carte que je lui avais écrite, la rose claire où j'ai posé mes mots d'amitié-amour, enfermés dans l'enveloppe bordeaux.
C'est en rentrant en voiture qu'il a commencé à pleuvoir. On a rit, encore, en pensant à ceux qui était à pied, et en vélo. Surtout quand les grosses gouttes de l'orage ont éclaté sur le pare brise. C'était peut être l'alcool, ou peut être l'heure tardive. Ou c'était juste eux, qui m'ont écrit un sourire que je n'ai même pas rangé en me couchant.
12 mai 2008
Je reviens de quelques jours complètement hors du temps. J'ai des brûlures de soleil sur une partie du dos, et l'esprit ailleurs. J'ai des souvenirs à classer parmi mes meilleurs. Il y a des couleurs et des sons que je veux retenir. Les visages. Les rires. Un peu tout en même temps.
Je ne crois pas qu'il y ai des moments meilleurs que d'autre. Rien que de faire le trajet, très long, avec les trois voitures, noire, blanche, rouge, qui s'éloignaient un peu. Moi j'étais dans la première, les jambes en tailleurs, avec la musique de mon ipod violet diffusée dans la voiture. Je riais au cœur dessiné par les filles sur une feuille, collée à leur fenêtre. Je mettais Michael très fort et je chantais Fever. Chou m'a même demandé de lui envoyé des morceaux, quand on rentrerait. On s'est perdu, on a fait des demi tour n'importe comment. On a fait quelques pas en Espagne, juste pour les bouteilles qui s'entrechoquaient dans nos sacs en plastiques, et les paquets de tabacs. On est finalement arrivé dans mon La-Bas bien plus tard qu'on ne le pensaient, après des courses avec des chariots pleins. J'ai poussé des cris en reconnaissant mes volets rouges, et les façades blanches. A peine les sacs posés, j'ai poussé tout le monde hors de la maison, vite, vite, vite, pour les amener voir le soleil qui se couchait dans l'océan. Et c'est le Chat qui jetait tout ses vêtements, sauf son boxer noir, et qui courrait d'une traite droit dans l'océan. Et moi je criais, riais, et finalement, j'ai enlevé mon tee shirt pour le suivre dans les immenses vagues en jean et soutien gorge.
Le reste, c'est nous sur plein de jours. Huit dans le petit appartement, et dans les quatre lits. J'ai gardé Chou' dans mes draps alors que les filles jouaient les enfants dans la chambre d'à côté. Bêtises. Rires. Alcool. Tout ça à n'en plus finir. Des baisers, une farandole entière. Surtout la nuit, du rhum sur les lèvres, éclairés par le lampadaire à la lumière orangée qui se coupait toutes les trente secondes. Les uns dans les bras des autres, les câlins de Chou' contre moi, et son coeur que j'écoutais encore, encore, encore alors qu'on parlait au milieu de la nuit. La grande bataille de mousse à raser, qui poisse et qui colle contre mes cheveux que je venais de laver. La nourriture adolescentes, le fromage à tartiner et les céréales chocolatées. Les immenses coups de soleil sur la peau des filles, et même un peu des garçons. Les mains dans les cheveux, les chuchotements, les je t'aime. Les cartes d'anniversaires qui font pleurer, j'ai l'impression de te connaître depuis toujours, merci d'être là. Et encore un peu plus quand il me répond que c'est sincère. Nos photos, plein, même quand le ciel se transforme en pluie, même quand on ne fait rien, les jambes emmêlées sur les canapés. Juste ensemble. On repart quand?
26 avril 2008
Mal à la tête durant toute la journée de vendredi. Il paraît que cela a un rapport avec les petits verres qu'on a laissé vides, avec Partenaire. Saleté de lui, et saleté de sirop de cerise trop sucré qui fait oublier l'alcool. J'ai dis bon nombre de bêtises, et il m'a suivi. Il a encore essayé de me choquer, et je m'amuse toujours autant de ses mines stupéfaites quand je surenchéri. Il n'a pas mes fréquentations aux histoires tumultueuses, ni Lord. Et je ne cesse de le lui dire, qu'il ne fait pas le poids avec moi. Ça le fait rire, et il me croit peu. Mais même sa main, qui se glisse parfois bien trop bas dans mon dos, n'arrive pas à me convaincre. Je le regarde en lui tirant la langue sur laquelle est posée une petite bille verte. "Petit joueur".
Les jours avancent très vite. Encore du stress, avec la soutenance, et ça sera fini. Même si ce n'est pas très sérieux, au fond, de correspondre avec l'un des professeur du jury. C'est à cause de ma manie de me laisse interpeler par toutes personnes que je trouve intéressante. Et tant pis pour le statut professionnel, et tant pis pour le reste. Lord me parle des on dit, et il n'a pas tort. Mais j'ai l'impression d'être bien trop têtue. Et je le suis, surement.
Sinon, les autres bêtises, c'est de préparer notre petit voyage. Dans mon là bas, que je n'ai pas revu depuis plus d'un an. Avec mes autres, de l'IUT. Et des listes pas terminées, des points d'interrogations partout. Comme pour les vêtements, maillots de bain, pull, les deux, sandales, talons? Ce que l'on va manger, pour combien faut il acheter à boire, combien de voitures, qui dort avec qui. On n'a pas encore répondu à toutes nos questions, et je pense qu'on jouera encore de l'improvisation. Le principal, ce que l'on soit nous huit, et qu'on profite des quelques jours qu'on s'offre. L'océan, le sable partout, le soleil ou bien les orages. Surement de la musique de n'importe quel genre, souvent. Des films qui font peur, il parait. J'irai me cacher dans la cuisine, ou derrière l'épaule de Chou'. Ou alors j'appellerai Lord, qui ne peut pas nous suivre à cause de son travail. Et peut être, aussi, pour me laisser être stupide sans qu'il n'ai à intervenir avec ses sourcils froncés, et sa voix trop dure "tu bois trop!".
Je lui ai parlé l'autre soir, de tout les baisers que j'échange et qui ne sont pas sur ses lèvres. Ça l'a amusé. Mes explications dans tout les sens, et mes joues un peu rouges. Ça ne le dérange pas. J'ai l'impression de me rapprocher encore, avec toutes les choses qu'il me dit, et ma main dans la sienne pendant qu'on marche sur les pavés de la vieille-grande ville. Il m'emprunte mes expressions, et essaie d'imiter ma voix. Il me présente des films qu'il aime, et je m'étouffe de rire sous la couette, devant Hot Fuzz "Swan!". On joue à parler anglais dans le bus, dans la rue, ou chez lui. Mes cours de langue sont loin, et je dois le reprendre quelque fois. Mais j'aime sa voix dans sa langue maternelle, et son sourire quand il se moque sans qu'on le comprenne. Les jours passent, et s'assurent de nous lier un peu plus. J'aime.
20 avril 2008
Je n'ai pas eu vraiment le temps pour écrire mes mots, ici. J'ai été très, très occupée. Du stress, des nuits grise nuancées blanches, et un mémoire rendu dans les dates. En trois nuits, onze heures de sommeil. Dont une avec Le Chat, jusqu'à trois heures du matin, pour finir des notes, des tasses de café toujours pleines sur la table. A côté de nous, Lord dormait. Il a parlé une fois dans son sommeil, et je me suis étouffée de rire en disant " tu vois, je mens pas, il parle!".
Le reste, c'est du retard, vite, vite, vite. Les yeux qui brûlent à force de fixer l'écran, surtout quand il est tôt dans le matin. Et Lord, qui dort toujours à côté, et qui se met à parler allemand sans crier garde. Une sorte de fou rire nerveux, et je reprenais ma conclusion. J'ai bu bien trop de café, dormi trop peu, et parlé bien trop.
Le dernier jour, c'était le soulagement, et aussi les larmes, à l'intérieur, qui chatouillaient trop les sourires qu'on essayaient de tenir. Les fins, ça fait jamais vraiment joli, en vrai. Et même caresser les murs gris, ça ne retenait pas tout ce qui était en train de s'échapper. La jolie Fanny avait une mélancolie incrustée dans ses jolis yeux. C'était pénible, de rendre nos travaux et dire au revoir en même temps. Au bâtiment, et à tout ce qui s'est passé dedans, durant deux ans. Et il y en a eu. Même si c'est passé par toutes les couleurs de la palette, les plus sombre aussi.
Au départ, c'était moi et mon ancien Lui, mes cheveux longs couleur framboise foncée, mes illusions sur ce que devais être la vie. Mes chaussures à chat. Ses mots durs, sa jalousie, sa possessivité. Ce qui faisait bien trop mal, et que je pensais normal. Tout ce-eux, que je devais sacrifier pour le garder, et que j'acceptais en mordant mes lèvres jusqu'à me faire des marques sur la bouche. Cet avenir qui me brûlait quand j'y pensais, que je mettais dans un coin en espérant qu'il changerait. Mon futur, ou lui même. Sans vraiment d'illusions. A côté de moi, il y avait mes chevaliers qui s'éloignaient, et putain, c'était que le début. Et tout autour de moi, c'était toute ma vie que j'avais envie de vivre, et que je n'osais pas attraper. Elle restait en point de suspension, trois petits points partout, sans aller nulle part.
Et puis il y a eu mes deux années. Où j'ai laissé partir ce qui me faisait mal, quit à en être malheureuse. Et remonter doucement ma pente. A une soirée d'hiver, rencontrer celui que j'allais baptiser Choub'.Et ces quelques malheurs dans mon oreilles pendant qu'on dansait, ses yeux bleus, le tout. Celui qui allait me faire avoir un coup de foudre amical alors qu'il n'avait rien demandé, et que je n'allais plus lâcher. De mots, de câlins, de bêtises. Et puis Partenaire aussi, que je rencontre au détour d'un café pris avec Ré-A. Son envie de danse qui se calquait parfaitement à la mienne. Et les soirées d'essais concluantes qui se sont poursuivi, les cours suivis, et l'alcool qu'on a un peu trop ajouté. Et puis Lord, lui lui lui, dont je suis tombée complètement amoureuse. Qui a voulu construire quelque chose avec moi, alors que je ne lui parlais que de doute et d'incertitude. Et qui a réussit.
Et puis encore le temps, et le reste. Le rapprochement, entre tous. Le Chat, les jolies filles, et nos garçons. Durant nos soirées pleines de photos, de vidéos, de mots entortillés par l'alcool. Et cette histoire de baisers, qui a commencé je ne sais quand. Mais qui se poursuit souvent, quand nos verres s'amusent à être vides. Souvent les lèvres de Chou', mais pas que. Comme celles de Dandy que j'ai attrapé sans qu'il ne le veuille, durant une soirée d'aout "et alors t'es jaloux?"
Les deux années se terminent dans les premiers jours de mai. Elles m'ont offertes énormément de choses. Notamment de me trouver. De faire le point. Et puis de sourire, de parler, de danser, de rire. Pendant des heures. Le jour, étouffée dans mes bras pour être silencieuse, dans les salles informatiques. Le soir, la nuit, sans pouvoir s'arrêter, jusqu'à manquer d'air et devoir s'accrocher à une épaule amicale. Les paroles en l'air, les discutions profondes, les mots qui consolent, qui aident, qui comprennent. Les conseils, les avertissements. Les bêtises, les chuchotements de nos gamineries. Les appréciations sur les garçons, leurs physiques, leurs orientations, leurs bouches sur les notre, aussi. J'ai tellement reçu, j'ai l'impression d'avoir vécu dix vies. Merci.