Nan

Ici.

05 septembre 2009


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02 septembre 2009

Je crois que je n'avais pas assez développé ma liste des métiers-qui-font-chier-putain. Je crois qu'au bout du deuxième jour, je peux y placer, et bien en tête, celui que je fais pour mon mois de septembre. Agent de service hospitalier. Passer huit heures debout pour laver, désinfecter, balayer, et plus encore, des chambres qui défilent. Heureusement il y a les moments des repas, où je peux sourire aux patients. Et prendre même le temps de discuter avec le vieux monsieur de la chambre 409, qui me raconte ses deux enfants, ses sept petits enfants et ses huit arrières petits enfants. Du coup j'ai pris comme refuge la chambre, aux couleurs rose passé. Il me dit que je suis gracieuse, et je souris un peu plus des mots élégants que j'entends souvent sur les lèvres des personnes plus âgées. De maladie, on ne parle pas. Il part demain après midi, alors je préfère ses mots, son pyjama rayé avec son col bien droit, et ses yeux qui brillent. C'est largement mieux, pour les souvenirs.

Le reste des heures, je calme tous mes doigts contre ma peau. A force d'être debout, mon dos me fait souffrir. Beaucoup trop, à cause de cette sciatique que je n'arrive pas à soigner. Qui prend petit à petit toute la jambe, de plus en plus loin. J'ai l'impression que ça s'enroule à l'intérieur, que ça s'emmêle. J'en pleure derrière un coin de mur vert, et sur le chemin du retour, quand je mets trente cinq minutes au lieu de quinze pour rentrer, parce que je dois faire des pauses. Je mets la salsa très forte, et tout le reste. Ce qui m'empêche de crier, contre la douleur physique, contre ces visages à la clinique, cette grand mère qui meurt, et les diagnostiques que je me dépêche de ne plus vouloir entendre. Lord me dit qu'il faut que je m'endurcisse, et je pourrais lui dire d'aller au diable pour ça. Je préfère les larmes qui dévalent, et l'intérieur en chaos. Je préfère ressentir et avoir mal, ça me prouve que l'inverse est possible. Même si en ce moment, c'est pas mal gris, je préfère. Question de principe de fille sensible.

Si c'est gris, c'est à cause du travail, des envies, des doutes. De Partenaire qui part demain. Demain merde. J'ai encore le souvenir de sa main dans mon dos, et de la dernière danse qu'on n'a pas faite. Je lui ai promis une bouteille s'il n'oubliait rien. Mais je n'y crois pas, ce n'est pas lui. Sur msn, je lui ai rappelé de prendre ses billets, et sa carte d'identité. Depuis qu'il s'est déconnecté, je n'ai pas osé fermer la fenêtre. Je crois que j'ai mal de son départ. De celui d'Hélène dimanche dernier, de celui d'Antoine bientôt. Mais surtout de celui de Partenaire demain. Je ne sais pas ce que ça donnera, moi sans lui, sans mes mains dans les siennes, et toutes nos danses. Je n'aime pas tout ce qu'il y a dans ma poitrine, qui s'agite et s'affole. Hey ho un peu plus de calme. J'ai peur. J'ai mal. Dans le téléphone, j'ai murmuré "attends" à Chou, avant d'avaler une grande gorgée de rhum pur, directement à la bouteille. C'était pour anesthésier mon dos, en revenant de travailler, puisque je n'avais pas de cachet sous la main. Sa voix toute grave qui sermonnait tu es folle. Ca a un peu soigné la douleur, mais ça ne soigne pas le cœur. J'essaierai encore. Sa voix, les verres, les mots. Pour apprivoiser la petite fille qui pleure, pour essayer de lui faire comprendre ils t'abandonnent pas petite fille, ils t'abandonnent pas.

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31 août 2009

So est revenue de Chine, depuis Dimanche très tôt. Du coup je lui laisse un peu de temps, pour se remettre des heures à défaire à l'endroit et à l'envers. On a programmé un restaurant à deux, en amoureuse comme la dernière fois. On finira tard mais on n'aura jamais assez de mots. C'est comme ça depuis des années. Les amitiés de plus de dix ans, c'est toujours trop dur à résumer.

Dans ma maison aux poutres azur, il y a eu des cris, entre Numberone et moi. Des violents, qui une fois passés, m'ont fait rire et pleurer. Même si c'était dur, dans le téléphone violet, j'essayais d'expliquer. La libération de ne plus la craindre. La libération d'avoir osé contester. Il y avait beaucoup de léger dans ma poitrine, comme un poids ancré depuis une dizaine d'année, et qu'on laissait s'échapper. Alors tant pis pour les larmes, pour les ça serait mieux si tu quittais la maison, et pour le reste qui ne mérite même pas que je m'y attarde. Ma mère m'a demandé si c'était pour ça que je voulais partir. J'ai dis que ça aidait, mais que ce n'était pas la raison. Parce que ça aurait été trop triste, de résumer mon vent d'ailleurs, ma brume, pour des conflits entre soeurs. Mon envie, elle est plus grande que ça. Elle est violente et terrifiante. Tellement que parfois je m'en mors les lèvres, de ce que je veux, mais qui effraie en même temps tellement mon cœur. Je passe parfois mes doigts contre ma poitrine, pour calmer la dés-harmonie. De mes ongles je voudrais pouvoir arracher cette union contre nature de la peur et de l'envie, qui s'amuse à me glacer, et à parcourir d'électricité tout mon réseau sous la peau.

J'ai eu un joli mail de Mélie Mélie qui m'a un peu apaisé. Je l'ai imprimé et accroché, car même sans me donner des réponses qui ne peuvent se dire, ses mots m'ont aidé à faire disparaitre un peu de flou. Merci. Et même si j'ai encore du chemin à parcourir, je prendrais un peu plus de courage, et j'avancerai encore, un pied après l'autre. Je prendrai mon courage auprès d'eux, et ça ira. Il faut que je trouve le temps de placer des noms sur des dates, pour réussir à mettre du futur dans mon année. On a dit Limoges, on a dit Aix. On a même dit l'Italie, et c'est fou parce qu'avant, ça n'avait pas d'importance là bas. Alors que maintenant, dans une poignée de jours qui vont me faire surement pleurer, il y aura Partenaire. Et il y a même cette drôle de petite brune avec un joli sourire, qui m'a demandé si elle pouvait lire mes mots, pour améliorer son français. Alors je lui ai proposé qu'on se parle un peu, pour qu'on apprenne et qu'on voyage. Et peut être, qui sait, l'italien trouvera à conjuguer des choses dans ma poitrine, et fera écho avec des sentiments inconnus. On n'a rien à perdre, alors tentons. On verra peut être pas mieux, mais on verra bien.

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28 août 2009

C'est mon dernier jour de travail. Depuis deux mois, j'ai eu le temps d'en faire des choses, derrière le bureau gris clair. J'ai souri, j'ai ri, j'ai parlé en anglais, et en espagnol un petit peu. J'ai raconté des morceaux de ma vie à ma collègue qui, du haut de ses soixante ans, a pu me parler de la sienne. C'était un joli travail d'été, rempli de mures à cueillir le matin, en faisant s'enfuir les lapins peu courageux. Des petites entailles sur les doigts, du violet sur le jeans, pas grave. C'est passé tellement vite.

Mon été est étrange. Il est tellement plein de vie que tout se mélange. Je passe mes nuits à sortir avec Partenaire, et le jour d'après je reçois un message comme quoi il est à l'hopital après une agression. Des coups à la tête, à cause de la colère d'un fou. Angoisse. Une semaine sans le voir, le temps qu'il se remette. On se revoit samedi, pour fêter son départ. On va essayer de faire quelque chose de doux, pour qu'il se souvienne de mieux. Y'aura ma Laure dorée, ma jolie Céline, et surement les autres. On va rire pour faire partir ce noir qui brûle, qui effraie. On va danser, on va boire, et on va chasser le côté sombre du monde, un peu. Avec les lumières rouge et la timba, on essaiera.

Sur le grand calendrier, je tente d'organiser mon année. Je met du jaune fluo sur la fin novembre, là où j'irai rejoindre Partenaire. C'est la seule certitude. Le reste est flou. En octobre, je ne sais pas quand, ça sera des vacances avec Chou. Peut importe où. Juste du soleil, de l'alcool, des rires et nous deux. Ca sera déjà bien suffisant. Et après il y a mes envies, l'Angleterre, la Thailande. Et ce projet de Service Civil Européen qui m'attire beaucoup. J'ai envoyé des mails, pour prendre des informations, et j'ai eu des réponses. Ca me ravie et ça m'éffraie. D'avoir toutes les possibilitées entre mes mains, juste un pas à faire pour commencer le voyage. Je suis en train de changer, et sous la peau, le vent hurle son envie d'ailleurs. Pour patienter, j'ai fais ma liste, des 101 choses en 1001 jours. Toute prête à commencer, à partir de demain. Un millier de jours à moi, à en faire ce que je veux. J'espère qu'il y aura des rires, dans ces jours là. Mais je ne m'inquiète pas. Dans mon milliers de jours, il y aura de la vie.

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101 choses en 1001 jours (29/08/09 au 30 mai 2012)

1. Aller en Angleterre
2. Aller en Asie
3. Rentre visite à Mat Mat au Japon
4. Rendre visite à So’ à Limoges
5. Faire un voyage humanitaire (Thaïlande ? Amérique du sud ?)
6. Les envoyer joyeusement se faire voir (24/08/09 : Commencement avec Numberone)
7. Finir de peindre/nettoyer l’appartement
8. Avoir une vraie collection de bijoux (sans les perdre)(10 colliers, 10 boucles d’oreilles, 10 bagues)
9. Prendre des cours de chant
10. Prendre les différents programmes de la ville
11. Refaire du poulet libanais
12. Partir en vacances avec Choub’
13. Faire un week end entre filles, quelque part
14. Apprendre la salsa portoricaine
15. Avoir le permis et plus seulement « passer le permis »(Flute !)
16. Acheter les saisons d’ER pour les regarder en VO
17. Aller voir Hélène dans les Vosges
18. Faire une soirée pyjama avec Celichou
19. Inviter Chatou à bordeaux et lui présenter les copinettes
20. Aller voir Ben en Italie
21. Mieux parler Anglais
22. Avoir des robes 50’s (2)
23. Ecrire les noms des bébés de la maternité dans un carnet
24. Ecrire Hermès (même si ça fait peur)
25. Apprendre à jouer de la guitare
26. Apprendre la langue des signes
27. Ré-apprendre les hiragana et katakana
28. Finir les carnets que j’achète
29. Apprendre à manger bio et sans gluten
30. Régler mon asymétrie avec un autre piercing
31. En finir enfin avec ma sciatique (naissance : Juillet 2008 – mort : ?)
32. Une plume en encre sur la peau
33. Aider une association de protection animale
34. Couper mes cheveux plus courts, et essayer les bigoudis (omg)
35. Envoyer du joli par la poste
36. Re partir en voyage avec Mat Mat
37. Découvrir l’Irlande
38. Trier-jeter-ranger
39. Faire un vrai album photo
40. Et accrocher les autres aux murs (les sourires des gens que j’aime)
41. Aller voir un acuponcteur
42. Et essayer les médecines traditionnelles en général
43. Acheter d’autres livres de développement personnel
44. Re voir un psy et s’y tenir
45. Trainer le plus souvent possible dans le centre ville
46. Acheter un carnet pour les notes pour les sites
47. Créer un site sur bordeaux et ses petites rues
48. Et en créer un sur l’accessibilité à Bordeaux
49. Passer le concourt de journalisme
50. Trouver le temps d’aller nager
51. Me faire faire mon thème astral
52. Ne plus avoir peur du noir
53. Faire mes comptes (grmph)
54. Faire du couchsurfing
55. Vivre seule et me sentir chez moi
56. Ranger mes vêtements et mes chaussures
57. Acheter un autre corset (le noir à pois)
58. Continuer les mojitos au Cubanito, même sans Ben
59. Retourner à l’île de Ré, pour un autre Salsa En La Playa
60. Revoir Calle Real, et crier toujours aussi fort
61. Apprendre à enseigner la salsa, et voir ce projet de l’enseigner aux jeunes sourds
62. Prendre un café avec Inès, et améliorer mon code
63. Garder contact avec ceux qui m’ont fait sourire (Isabelle, Chatou)
64. Prendre un verre/café avec Corentin, Morgane et Wielfried (et trouver un lieu accessible aux fauteuils roulants !)
65. Faire une autre séance photo
66. Bosser la conjugaison française avant de finir inculte
67. Prendre une carte illimité cinéma et m’enfouir dans les fauteuils dès que je peux
68. Créer des sous titres pour les sourds
69. Aller voir Sacha à Aix
70. Prendre un grand calendrier et prévoir mon année en avance
71. Fouiller les rayons de tisane-thé
72. Manger étranger, voir étrange
73. Ne plus acheter de bas auto-fixants, seulement des vrais
74. Trouver une jolie boite pour mes sous vêtements, et la remplir
75. Faire quelque chose pour mes cheveux (les pauvres)
76. Continuer à changer tous mes produits en produits non testé et sans paraben (trouver du vernis)
77. Essayer de faire de jolies photos
78. Apprendre des bases de tango (ou apprendre le tango tout court)
79. Me renseigner sur la kinésiologie
80. Faire un pique nique sur les quais
81. « C’est douloureux de vouloir être heureux » quelque part sur la peau ?
82. Faire des jolies cartes de vœux, pas au dernier moment
83. Acheter un répertoire et les écrire tous dedans
84. Ne plus être à découvert (Aout 2009 : positif)
85. Un hammam avec les filles, celles qui veulent
86. Faire les friperies, les vide grenier (en Angleterre, en France)
87. Acheter une grande carte, pour y faire des points des endroits que j’ai vu
88. Retourner dans des bouquineries (celle du cours Victor Hugo)
89. Aller faire la codeuse en cours, pour voir
90. Prendre des fleurs chez le fleuriste
91. Avoir de nouveau un cochon d’inde
92. Lire les journaux, vrai ou informatique (Libération, sudouest, le monde, le figaro, l’express)
93. Me renseigner sur la cécité (y trouver quelque chose à faire ?)
94. Faire un vide grenier
95. Aller a Emmaus avec Agathe
96. Ne plus avoir peur des conflits
97. Boire un café avec Chloé (et plus, parce que je crois que je l’aime beaucoup)
98. Maîtriser la bachata
99. Des « je t’aime » au rouge à lèvre sur les miroirs
100. Prendre rendez vous cher l’esthéticienne et m’y tenir
101. Refaire une autre liste à la fin de celle çi

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04 août 2009

J'ai passé encore des jours tout pleins. La maison pour moi, j'ai étalé un sachet d'amandes-noisettes-noix-de-cajou sur le marbre rose, dans la cuisine. Pour en piocher quand je passerai par là, car je savais que je n'aurai pas forcement beaucoup de temps. Et c'était vrai.

Le vendredi soir, j'ai vu mon Chou-colloc, tard dans la soirée. J'ai mis ma jolie robe, la rouge en bustier, et du noir sur mes yeux. Je l'ai retrouvé sur la place toute éclairée, et on a amené nos pas jusqu'à notre bar habituel. On s'est installé à la table où je me met souvent avec Partenaire, les rares fois où on y vient. J'ai commandé mon bloody mary, et lui quelque chose de beaucoup plus fort. C'était peut être pour inviter ses mots, puisqu'on a beaucoup parlé. De choses secrètes, et des jolis aveux. On ne s'est arrêté que lorsque que le barmaid, celui avec l'accent italien, nous a annoncé qu'il fermait. On a trouvé un taxi, et une fois ma porte refermée, on a recommencé à parler. Entre temps il m'a pris la main, pour aller se baigner dans l'eau trop froide. J'ai chuchoté très fort "c'est froid c'est froid!" mais j'ai continué à nager. En vrai, c'est ce que j'aime le plus, l'eau avec la lune claire. Ca me rappelle plein de beaux souvenirs passés. Et pusi après, une fois un peu séchés, il a lancé de la musique, et il m'a invité à danser. Sur la musique toute douce, serrée contre lui, il m'a fait des déclarations d'amitié. D'amour, je trouve, puisque c'est la même chose. Ca rend les coeurs emmêlés et ça fait sourire beaucoup trop. La nuit était a moitié passée quand on s'est couché.

Le lendemain il pleuvait. Evidemment, puisque le soir, il y avait une soirée salsa sur les quais, avec l'association dont je fais partie. Pendant la journée j'ai continué à peindre l'appartement de Lord, avec du blanc et du rouge, qui sont restés sur ma peau une fois le soir venu. J'ai frotté, frotté, et puis j'ai abandonné. J'ai préféré rire des taches blanches sur mes bras, que les autres prenaient pour des choses plus jolies. Tu n'as pas besoin de paillettes, m'a t'il dit avec un sourire. j'ai beaucoup dansé, et souri encore plus. Le mieux, c'était quand les professeurs ont fait une présentation, en y incluant la figure qu'on avait inventé au début de l'été, Partenaire et moi. Et le mieux encore, c'était quand j'ai vu les visages de Chou-colloc et Dany, qui était venu regarder. J'ai encore dansé, même quand la pluie a commencé à tomber. De plus en plus fort. Et même sous les gouttes trop grandes, on ne s'est pas arrêté. On a fini autour de grands verres, Chou-colloc, Dandy et moi, dans le café rouge. Il y avait encore de la pluie dans les cheveux, et Dandy râlait qu'il était trop mouillé. Tout ça pour se retrouver dans la piscine une heure après. Moi, je ne voulais pas y aller, mais les deux autres m'y invitaient. Alors j'ai enlevé mon jean, mon tee shirt rempli de fleurs, et j'ai plongé. "Vous êtes bêtes", je leur disais dans un coin, pendant qu'ils essayaient de se couler. On a fini aussi tard que la veille, et Chou est encore resté dormir. Une fois la lumière éteinte, il m'a avoué que ça lui avait plu, la danse. Peut être parce qu'il savait que c'était important pour moi. Dehors, je crois que la pluie continuait de tomber. Mais ce n'était pas important, mon été est bien plus fort que ça.

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28 juillet 2009

Dimanche, c'était. Peut être six heures de route, par là. A l'aller, c'était les petits villages, les routes qui montent et qui descendent, les méchants virages. Comme le poste radio de Partenaire était trop vieux, on a parlé pendant tout le trajet. En montant, j'ai enlevé mes chaussures à talons, et mes pieds nus se sont baladés partout, sur le siège et sur le sol. Sur le bitume brûlant aussi, quand je sautais partout en disant que c'était chaud. C'était à la petite station service, dans le creux d'un village. Le temps de faire une pause, avec du café et des gateaux au chocolat. Partenaire qui me prends par le bras, en me disant viens viens viens. Tout ça pour me montrer un paysage sans maison, sans rien. On a rit. Comme des petits citadins. On s'est perdu, encore.

En arrivant, devant le panneau, on a crié. On y est on y est. On a garé la voiture à l'entrée de la ville, j'ai remis mes talons noirs, et on a marché dans les rues remplies de monde. Dès les premiers instants on a croisé ceux de notre ville, et quand j'ai appelé petite-Céline, j'ai entendu dans mon téléphone la même musique qu'a côté de moi. Elle était à une terrasse, avec la plupart des autres. On s'est écroulé sur les chaises, et on a pointé du doigt les coups de soleil dont ses épaules s'étaient encore ornées. Et puis, j'ai tendu la main à Partenaire, qui a ouvert grand les yeux, et refusé. Du coup j'ai pris la main de mon voisin de gauche, pour l'amener danser. Dans le premier bar, il y avait un parquet, où Marc me faisait tourner très vite, et où je riais à chaque fois que mon visage se retrouvait trop près du mur en pierre. Et puis, dans le second, la piste était à l'extérieur. On y a retrouvé encore des personnes de la Vielle Grande Ville, dont un que j'ai invité à danser, celui dont j'ignore le prénom mais dont je reconnais le visage quand on se croise. Peut être que Partenaire faisait une drôle de tête, de voir que je n'avais pas besoin de lui. Depuis la piste, je lui ai souri, et j'aurais bien rajouté "bien fait". A côté de moi, petite-Céline ne cessait de rire, ses mains dans celles d'un grand brun.

Après, on a pris un verre, et on a remonté les rues. Au détour d'une, on a retrouvé Laure dorée qui nous cherchait. Le temps de discuter un peu, de sa classe dont elle sera la maîtresse l'année prochaine, et on a filé aux arènes. On a gardé des places dans les gradins, mais quand la première chanson a commencé, j'ai regardé Partenaire, et on est parti en courant. Dans les allées, dans les escaliers, jusqu'au plus près de la scène. Y'a vraiment qu'eux qui réussissent à me faire ça. On a fait des coeurs avec nos doigts, on a chanté le plus fort possible. Quand l'un des chanteurs nous demandait si ça allait, on hurlait "muy bien" et on levait les mains toujours plus haut. Vers la fin, Partenaire m'a prise par la main, pour se rapprocher encore un peu plus. Au rappel, à force de crier "otra!", ils sont revenus. Et ils ont joué celle là. On a crié encore plus fort, on a souri encore plus. Quand on est parti, au début du deuxième concert, il y avait des ballons roses partout. Dans le hall, la musique était très forte. Alors on s'est regardé, on a laché nos affaires, et on a dansé une dernière fois.

Le retour était plus difficile, avec les routes remplie d'obscurité, de virages et de creux. On s'est fait peur, et dans la nuit la plus noire, au bout de dix minutes, on a fermé les portières à clef. Les loups garous ça n'existe pas, mais. On applaudissait quand on trouvait un village, avec la lumière orangée apaisante des lampadaires contre les vitres. Dans une rue inconnue, on s'est arrêté quelques instants. Le goudron était encore tiède, le silence aussi. Dans la voiture, on a terminé le café, l'eau, mais pas nos paroles. On est arrivé dans le creux de la nuit. Le lendemain, les yeux étaient petits. Sur mon téléphone, j'ai tapoté "Cher Dieu, merci de ne pas être née dans le Gers et ses routes affreuses". Un bruit, une réponse de partenaire, "Amen" sur mon petit écran. Pour tout ça, nos bêtises, j'aimerais les faire mille fois.

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26 juillet 2009

Si je dois dénouer un proverbe, je dirais que celui qui ne me conviens pas, c'est que la nuit porte conseil. Ici, c'est tout l'inverse. Quand je travaille, je n'arrive pas à ne pas grignoter mes heures de lune, et je me couche bien trop tard, même s'il faut se lever bien trop tôt. Le matin, dans le miroir, c'est des yeux vagues qui me regardent, et ma main sous mon menton ohlala la tête que tu as ma pauvre. Alors je pioche dans les gel douche, et je prends celui à la framboise. Parfois, ça marche un peu, mais le mieux, c'est mon ipod rose, et ma musique pour l'été, dans les rues désertes de ma petite ville, avec juste les premiers rayons et moi. Et c'est déja bien assez.

Quand je ne m'amuse pas de mes nuits toute seule, j'ai le choix de ceux qui partagent ces moments. Soit mon Dandy. Soit, le plus souvent en ce moment, Partenaire. Avec lequel j'ai marché le long des quais, notre bouteille orangée dans le creux de mon sac. On a ri, on regardait autour. Au détour d'une scène, je lui ai montré des danseurs de valse, et je lui ai expliqué que moi un jour aussi, je saurai. Lui, il n'aimait pas. Je lui expliquais encore plus, les pas de mon grand père, et sa volonté à me l'apprendre, sans vraiment trop de succès. Alors vraiment, quatre ans après sa mort, ça serait dommage que je n'y arrive pas un jour, alors que je sais danser beaucoup d'autre chose. Je ne sais pas trop s'il a compris, mais il a bien fait semblant. On a continé à marché, on s'est perdu un peu, on a fait d'immenses détours où on y gagné beaucoup plus en rire, et on a finit par se faire porter par le tram tout bleu. Et comme d'habitude, on a fini dans notre bar, au sous sol, celui avec les pierres blanches. Là, personne ne dansait, alors j'ai posé mes affaires pendant que Partenaire s'affalait dans notre canapé. J'ai donné quelques mots au  patron par dessus un bar, j'ai attendu les premières notes, et je suis revenue le chercher, main tendue, paume vers le haut. Il m'a dit tu vas me tuer, pas celle là pour commencer. J'ai souris un peu plus. Parce que je sais. Il cède toujours. Du coup sur les dalles blanches et noires, il n'y avait que nous au début. Après on a eu des cours avec ce professeur qu'on aime beaucoup, mais dont on ignore le prénom. Notre nuit a duré très tard. Mais c'est parce qu'il y avait beaucoup trop de sourire. Ca fait pas dormir les sourires, c'est fait pour rester vivant. C'est bien mieux.

Je suis de ce pays
qui a mal tout dedans
Mais tu sais si l'on vit
C'est pour passer le temps

Je sais qu'il nous reste peu de temps. Alors quand on se voit, c'est un peu différent. Il y a plus de mains serrées, de regards. Des sourires des choses qu'on sait tous les deux quand on danse. Ses gestes que je vois venir, que je décode alors même qu'il lève une main, ou tourne mon poignet. Et lui qui s'amuse toujours autant à me punir, en me faisant tourner tourner tourner. Ces moments, c'est pour tous les matins, quand la petite fille que j'étais s'amuser à voir si sa robe tournait bien. Depuis, j'ai des cheveux plus clairs, beaucoup moins de taches de rousseurs, et peut être plus de confiance en moi. Mais j'ai toujours les yeux qui scintillent quand ma robe, elle tourne. Même si la plupart du temps, c'est embetant, quand je dois poser ma paume dessus, pour ne pas qu'elle gène mes doigts quand ils attrapent ceux de Partenaire. Mais au final, je sais que ça plait à la petite fille. Il fallait attendre très longtemps, qu'elle soit grande, mais ça valait le coup, parce que les robes qui tournent, ce n'est plus seulement le matin, cachée derrière la porte du placard vert pale. Ca valait le coup d'attendre, oui.

Je vis un bout de terre
Je suis un bout de vie
Planté là en plein coeur
Je passe mes jours ici

Et pour fêter cet été, celui dont il faudra se souvenir, on danse encore plus. On suit les envies sans réfléchir, on prends ce qui nous plait. Demain, on part en voiture, deux heures de routes pour revoir ce groupe dont on est véritablement fou tous les deux. Là bas il y aura déjà Laure doré, ma jolie Céline, et plein d'autres. On va crier, on va danser, on va chanter le plus fort possible. J'aurai ma robe noir, celle avec les liens dans le creux du dos, mes cheveux remontés, et le sourire toute la journée. On repartira dans la nuit, parce que c'est juste une folie, et c'est bien mieux comme ça. Je le sais, tu sais, que ça fera encore plus mal plus tard, que l'absence sera encore plus grande. Je le sais que ce n'est pas raisonnable. Et c'est bien mieux comme ça.

Si je suis fou du vent
si j'en suis amoureux
C'est qu'il souffle sur l'instant
Tu sais c'est douloureux
de vouloir être heureux

Patxi Garat

On peut toujours rêver

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22 juillet 2009

Je sais pas ce qui arrive à troubler l'eau de mes sentiments, à l'intérieur. Ca fait des ronds sur l'eau calme, ça fait même des remous qui éclaboussent. Un message de Chou', dans la nuit, qui dit "tu me manques". Plouf.

Tu es plus facile à faire qu'à comprendre et tomber, je n'ai pas pu te prendre
Partir trop loin de toi, j'ai voulu te manquer à tes yeux fins d'exister

Et ma réponse qui me surprend "ça me manque, de plus vivre avec toi". Ca, c'est parce qu'il n'y avait que la nuit, tout autour de moi. Partenaire part bientôt, et je le sais dès maintenant, que nos endroits à nous, ça va me faire pleurer en Septembre. Plouf.

Et au sud de mes peines, j'évolue loin de toi
pour couvrir mon cœur d'une cire un peu noire
Que tous les regards lancés à mon égard,
j'ai tenté de voler loin de toi
J'ai tenté de voler loin de toi

Plic. Plac. Ploc. Quand les vagues à l'intérieur ont comme des ongles, et qu'elles griffent. La distance, alors que j'aimerais courir dans les bras de Chou', parce que ses mots, ça illustre toutes ses blessures à lui, son océan à l'intérieur à lui. Ca semble bien plus grand que chez moi, bien plus profond. Durant mon année, je n'ai pas bien su, pas bien réussi, à combler le vide. Et pourtant j'ai essayé. Mais il y a des secrets que je ne peux pas effacés, et des histoires que je ne peux pas raccommodés. Je n'ai que mes bras, mes doigts dans ses cheveux bruns, et ma tête dans son cou. Plouf. L'amour c'est parfois pas assez.

Tu es plus facile à suivre, dans la ville qui devient notre plus grande fuite
Et moi, étendue dans ce lit, je contemple ce que je t'ai donné de ma vie

Hélène part bientôt, aussi. Et je me demande comment faire, pour vivre dans une ville où l'on est née, et où chaque personne qui fait partie du coeur s'en va. Je reste avec mes ruelles, la grille de l'école primaire, là où on jouait à la marelle, et plus loin où on passait des heures à discuter. Y'avait ma So, Hélène, tous les autres. Tous ceux qui sont partis les uns après les autres. Que mon coeur a remplacé par des liens plus solides, des personnes plus près encore. Mais quand la nuit, je m'amuse à me balader, les pieds nus glissant sur le bitume encore tièdes, y'a des tas de petites silhouettes enfantines sur les monuments, près de la mairie, sous les arcades. Ca fait pas mal, ça fait juste des ronds sur l'eau. Assez pour rendre mélancolique. Et me dire que peut être, mes valises à moi, ça serait utiles que je les fasse. Pour d'autre lieux, à remplir de nouveaux souvenirs, le temps de. Les ronds dans l'eau sont plus fort, ça forme des vagues, des grandes, quand je m'accroche avec les membres d'entre mes murs. Quand je n'arrive pas à exister, même après des années. Où j'ai l'impression d'être ombre transparente, ici. Mais un jour, je serai grande. Un jour, je pourrai exister pour de vrai. Je serai même tellement grande que je pourrai apaiser le coeur de mon Chou', et pas juste le voir se remplir d'encre noire. Un jour, je serai grande. Plouf.

Et au sud de mes peines, j'évolue loin de toi
pour couvrir mon cœur d'une cire un peu noire
Que tous les regards lancés à mon égard,
j'ai tenté de voler loin de toi
J'ai tenté de voler loin de toi

Coeur de Pirate
C'était salement romantique

Posté par Hodei à 21:39 - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

20 juillet 2009

Coeur de Pirate - Comme des enfants

Il y a les mures vertes, qui seront un jour mauves. Cela fait longtemps que les ronces ne me piquent plus, peut être depuis que j'en ai une branche tatouée dans le creux du pied, près de ma croix basque. Il me tarde que les mures soient mauves, et que le temps avance. Il me tarde que Lord revienne, même si.

J'aime toujours un peu plus ma solitude, et mes journées où je pioche mes gens. Ca donne des choses à l'envers, une visite chez mes cousins qui commence à midi, et qui finie quand les aiguilles ont fait bien des tours plus tard. Ca agace number1 et number2, quel a petite dernière s'entende le mieux avec notre cousin, même si treize ans d'écart. Mais ça n'a pas vraiment d'importance, parce que je la sens de plus en plus. La fêlure, là, toute près, celle que je peux presque suivre du bout des doigts. Celle qui annonce qu'il n'y a plus beaucoup de temps, avant. Les explications, les revendications, les incompréhensions. Les mots pas dits, et ma vie qui se fatigue d'être toujours jugée, tout le temps. Ma vie qui veut juste se passer, et qui en a le droit. Alors oui, les mots, comme des mains qui repoussent, un peu, pour dire non non, tu ne peux pas, respecte mes limites. C'est difficile, dans les familles, avec les liens teintés d'amour, celui qui donne tous les droits, qui donne le pardon pour tout.

C'est ce lien même lien qui peut m'unir à Demi-Roi, mais qui me fait douter. Parce qu'il ya des histoires, toutes emmêlées, qui continuent à faire mal, même longtemps après. Et Demi-Roi, malgré tout ce qu'il peut dire, c'est Dandy qu'il a blessé. Enormément. Et moi, sur une droite parallèle, juste au milieu. Même si, dans la voiture garée dans la rue plongée dans la nuit, j'ai avoué si je devais choisir, je te choisirais toi à Dandy. Dandy, c'est comme mon Chou-colloc, c'est des fausses ronces. Ils font croire qu'ils ont des épines, ils font croire que le reste, autour, ne peut les toucher. Et c'est pas vrai, bien sur. Une fois qu'il y a des bras pour les enserrer, fort. Qu'il y a de l'amour, encore, encore. Alors il n'y a même plus d'épines. Justes mes mures mauves partout, c'est acide et sucré la vie avec eux. Moi je ne pourrais pas faire sans eux. Je suis number3, celle qui courait après ses soeurs, pour des miettes. Et un jour, au lieu de trébucher sur mon chemin un peu caillouteux, j'ai couru dans un autre sens. J'ai sauté dans d'entre bras, j'ai emmêlé mes doigts à d'autres. J'ai rencontré mon Dandy, mon étrange. Dans la voiture je lui ai dis que s'il n'avait pas aimé les garçons, nos vies auraient été peut être moins compliquées. Mais ça aussi, c'était pour de faux. Car pour lui comme pour moi, on sait les valeurs qu'on donne aux relations amicales. Il m'a dit "oui mais nous deux, on sera toujours ensemble". Et la tête contre la vitre, j'ai acquiescé.

 

 

Posté par Hodei à 23:37 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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