24 avril 2011

Il y a des nouvelles habitudes. Comme celle qui est de ressentir de la mélancolie quand je vois Partenaire. Qui maintenant habite dans la capitale. On parle de nos danses, de nos cours où s'enchainaient les passes, les pas, les mouvements de pieds, ses hésitations et mes rires. Des personnes qu'on côtoyait. C'est brulant et glacial à la fois, tous ces souvenirs qu'on évoque. Il reste toujours l'amertume sur la langue, dans la gorge. Le goût des choses passés et qui ne reviendront plus jamais. Alors on en rit. Devant un verre ou deux. Entre nos mots qui racontent nos nouvelles histoires.

Comme l'autre soir, où on a essayé de redanser un peu. Et même si nos enchainements étaient poussiéreux, tout revenait vite. Sa main sur mon épaule et mes doigts qui agrippent toujours un peu fort les siens, quand il y a trop de tours à la suite. Nos danses me ramènent toujours à avant. 2007, 2008 ou 2009. Dans sa petite voiture quand il m'annonçait qu'il partait un an en Italie. Sur ma terrasse quand il m'avouait que c'était fini, avec petite blonde. Dans une chambre à Rome, quand je lui avouais cette terrible bêtise qu'a été la fin de 2009, et plus tard près d'un verre, les bêtises de l'année 2010.

Je lui ai décris, cette petite pointe que je ressens, à chaque fois que je passe devant l'immense hôpital. Parce que derrière, quelques rues après, quand on descend la grande avenue et qu'on tourne à droite, c'était notre salle où on s'entrainait le jeudi soir. Et parce que l'association à déménagé ses cours, vers une salle plus adaptée, plus grande, avec du joli parquet. Paraît-il, je n'y ai jamais mis les pieds. Et la pointe au cœur, c'est de savoir que le jeudi soir, derrière cette hôpital, il n'y a plus de musique qui résonne. Ni ça, ni nos rires. Et c'est toujours cette histoire que tout ce temps qui passe ne se rattrape guère, que tout le temps perdu ne se rattrape plus. On a soupiré en concert. Et j'ai repris la parole, et j'ai parlé d'autre choses, vite vite, d'autres mots. Pour décrire le présent, les sentiments, ce nouveau pub pour se poser, avec ce barman londonien qui joue merveilleusement de la guitare. Des films à ne pas voir, et ceux qui font peur. Il m'a parlé de ses soirées à Paris qui sont bien moins drôles que celles en Italie. Puis il m'a montré des photos d'Istanbul, et je l'ai frappé de mon coude, parce que c'était magnifique et que j'étais jalouse.

On en fera d'autres des souvenirs. Des aussi jolis, des moins, des pareils, des différents. Des moments qui vont nous faire pleurer, rire, faire de nouvelles bêtises et d'autres choses plus sérieuses. Des moments qu'on se racontera comme ça, autour d'une table en bois foncé ou avec des mots sur un écran lumineux. On s'en fout du passé qui entrave, qui étouffe, qui enserre au point de ne plus pouvoir respirer. Y'a plus grand, plus beau, plus inconnu devant nous. Et si les fantômes s'amusent encore à nous faire des croches pieds, on trouvera encore bien le moyen de les éviter.

Posté par Hodei à 23:11 - Commentaires [2] - Permalien [#]


Commentaires sur Il y a des nouvelles habitudes. Comme celle qui

    Qu'est-ce que c'est beau, comme c'est beau (et mélancolique). Cela sonne si juste, si vrai, si.
    Et cela me donne envie de danser (et d'avoir un partenaire).

    Posté par May, 08 mai 2011 à 15:21 | | Répondre
  • Merci
    Et danse si tu peux. C'est l'une des meilleures choses qu'on ai inventé, ça fait passer la mauvaise humeur et le chagrin. Ca fait sourire et rire, beaucoup. Prends ton amoureux et amène le a des cours

    Posté par Nan, 17 mai 2011 à 13:51 | | Répondre
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