28 juillet 2009
Dimanche, c'était. Peut être six heures de route, par là. A l'aller, c'était les petits villages, les routes qui montent et qui descendent, les méchants virages. Comme le poste radio de Partenaire était trop vieux, on a parlé pendant tout le trajet. En montant, j'ai enlevé mes chaussures à talons, et mes pieds nus se sont baladés partout, sur le siège et sur le sol. Sur le bitume brûlant aussi, quand je sautais partout en disant que c'était chaud. C'était à la petite station service, dans le creux d'un village. Le temps de faire une pause, avec du café et des gateaux au chocolat. Partenaire qui me prends par le bras, en me disant viens viens viens. Tout ça pour me montrer un paysage sans maison, sans rien. On a rit. Comme des petits citadins. On s'est perdu, encore.
En arrivant, devant le panneau, on a crié. On y est on y est. On a garé la voiture à l'entrée de la ville, j'ai remis mes talons noirs, et on a marché dans les rues remplies de monde. Dès les premiers instants on a croisé ceux de notre ville, et quand j'ai appelé petite-Céline, j'ai entendu dans mon téléphone la même musique qu'a côté de moi. Elle était à une terrasse, avec la plupart des autres. On s'est écroulé sur les chaises, et on a pointé du doigt les coups de soleil dont ses épaules s'étaient encore ornées. Et puis, j'ai tendu la main à Partenaire, qui a ouvert grand les yeux, et refusé. Du coup j'ai pris la main de mon voisin de gauche, pour l'amener danser. Dans le premier bar, il y avait un parquet, où Marc me faisait tourner très vite, et où je riais à chaque fois que mon visage se retrouvait trop près du mur en pierre. Et puis, dans le second, la piste était à l'extérieur. On y a retrouvé encore des personnes de la Vielle Grande Ville, dont un que j'ai invité à danser, celui dont j'ignore le prénom mais dont je reconnais le visage quand on se croise. Peut être que Partenaire faisait une drôle de tête, de voir que je n'avais pas besoin de lui. Depuis la piste, je lui ai souri, et j'aurais bien rajouté "bien fait". A côté de moi, petite-Céline ne cessait de rire, ses mains dans celles d'un grand brun.
Après, on a pris un verre, et on a remonté les rues. Au détour d'une, on a retrouvé Laure dorée qui nous cherchait. Le temps de discuter un peu, de sa classe dont elle sera la maîtresse l'année prochaine, et on a filé aux arènes. On a gardé des places dans les gradins, mais quand la première chanson a commencé, j'ai regardé Partenaire, et on est parti en courant. Dans les allées, dans les escaliers, jusqu'au plus près de la scène. Y'a vraiment qu'eux qui réussissent à me faire ça. On a fait des coeurs avec nos doigts, on a chanté le plus fort possible. Quand l'un des chanteurs nous demandait si ça allait, on hurlait "muy bien" et on levait les mains toujours plus haut. Vers la fin, Partenaire m'a prise par la main, pour se rapprocher encore un peu plus. Au rappel, à force de crier "otra!", ils sont revenus. Et ils ont joué celle là. On a crié encore plus fort, on a souri encore plus. Quand on est parti, au début du deuxième concert, il y avait des ballons roses partout. Dans le hall, la musique était très forte. Alors on s'est regardé, on a laché nos affaires, et on a dansé une dernière fois.
Le retour était plus difficile, avec les routes remplie d'obscurité, de virages et de creux. On s'est fait peur, et dans la nuit la plus noire, au bout de dix minutes, on a fermé les portières à clef. Les loups garous ça n'existe pas, mais. On applaudissait quand on trouvait un village, avec la lumière orangée apaisante des lampadaires contre les vitres. Dans une rue inconnue, on s'est arrêté quelques instants. Le goudron était encore tiède, le silence aussi. Dans la voiture, on a terminé le café, l'eau, mais pas nos paroles. On est arrivé dans le creux de la nuit. Le lendemain, les yeux étaient petits. Sur mon téléphone, j'ai tapoté "Cher Dieu, merci de ne pas être née dans le Gers et ses routes affreuses". Un bruit, une réponse de partenaire, "Amen" sur mon petit écran. Pour tout ça, nos bêtises, j'aimerais les faire mille fois.
26 juillet 2009
Si je dois dénouer un proverbe, je dirais que celui qui ne me conviens pas, c'est que la nuit porte conseil. Ici, c'est tout l'inverse. Quand je travaille, je n'arrive pas à ne pas grignoter mes heures de lune, et je me couche bien trop tard, même s'il faut se lever bien trop tôt. Le matin, dans le miroir, c'est des yeux vagues qui me regardent, et ma main sous mon menton ohlala la tête que tu as ma pauvre. Alors je pioche dans les gel douche, et je prends celui à la framboise. Parfois, ça marche un peu, mais le mieux, c'est mon ipod rose, et ma musique pour l'été, dans les rues désertes de ma petite ville, avec juste les premiers rayons et moi. Et c'est déja bien assez.
Quand je ne m'amuse pas de mes nuits toute seule, j'ai le choix de ceux qui partagent ces moments. Soit mon Dandy. Soit, le plus souvent en ce moment, Partenaire. Avec lequel j'ai marché le long des quais, notre bouteille orangée dans le creux de mon sac. On a ri, on regardait autour. Au détour d'une scène, je lui ai montré des danseurs de valse, et je lui ai expliqué que moi un jour aussi, je saurai. Lui, il n'aimait pas. Je lui expliquais encore plus, les pas de mon grand père, et sa volonté à me l'apprendre, sans vraiment trop de succès. Alors vraiment, quatre ans après sa mort, ça serait dommage que je n'y arrive pas un jour, alors que je sais danser beaucoup d'autre chose. Je ne sais pas trop s'il a compris, mais il a bien fait semblant. On a continé à marché, on s'est perdu un peu, on a fait d'immenses détours où on y gagné beaucoup plus en rire, et on a finit par se faire porter par le tram tout bleu. Et comme d'habitude, on a fini dans notre bar, au sous sol, celui avec les pierres blanches. Là, personne ne dansait, alors j'ai posé mes affaires pendant que Partenaire s'affalait dans notre canapé. J'ai donné quelques mots au patron par dessus un bar, j'ai attendu les premières notes, et je suis revenue le chercher, main tendue, paume vers le haut. Il m'a dit tu vas me tuer, pas celle là pour commencer. J'ai souris un peu plus. Parce que je sais. Il cède toujours. Du coup sur les dalles blanches et noires, il n'y avait que nous au début. Après on a eu des cours avec ce professeur qu'on aime beaucoup, mais dont on ignore le prénom. Notre nuit a duré très tard. Mais c'est parce qu'il y avait beaucoup trop de sourire. Ca fait pas dormir les sourires, c'est fait pour rester vivant. C'est bien mieux.
Je suis de ce pays
qui a mal tout dedans
Mais tu sais si l'on vit
C'est pour passer le temps
Je sais qu'il nous reste peu de temps. Alors quand on se voit, c'est un peu différent. Il y a plus de mains serrées, de regards. Des sourires des choses qu'on sait tous les deux quand on danse. Ses gestes que je vois venir, que je décode alors même qu'il lève une main, ou tourne mon poignet. Et lui qui s'amuse toujours autant à me punir, en me faisant tourner tourner tourner. Ces moments, c'est pour tous les matins, quand la petite fille que j'étais s'amuser à voir si sa robe tournait bien. Depuis, j'ai des cheveux plus clairs, beaucoup moins de taches de rousseurs, et peut être plus de confiance en moi. Mais j'ai toujours les yeux qui scintillent quand ma robe, elle tourne. Même si la plupart du temps, c'est embetant, quand je dois poser ma paume dessus, pour ne pas qu'elle gène mes doigts quand ils attrapent ceux de Partenaire. Mais au final, je sais que ça plait à la petite fille. Il fallait attendre très longtemps, qu'elle soit grande, mais ça valait le coup, parce que les robes qui tournent, ce n'est plus seulement le matin, cachée derrière la porte du placard vert pale. Ca valait le coup d'attendre, oui.
Je vis un bout de terre
Je suis un bout de vie
Planté là en plein coeur
Je passe mes jours ici
Et pour fêter cet été, celui dont il faudra se souvenir, on danse encore plus. On suit les envies sans réfléchir, on prends ce qui nous plait. Demain, on part en voiture, deux heures de routes pour revoir ce groupe dont on est véritablement fou tous les deux. Là bas il y aura déjà Laure doré, ma jolie Céline, et plein d'autres. On va crier, on va danser, on va chanter le plus fort possible. J'aurai ma robe noir, celle avec les liens dans le creux du dos, mes cheveux remontés, et le sourire toute la journée. On repartira dans la nuit, parce que c'est juste une folie, et c'est bien mieux comme ça. Je le sais, tu sais, que ça fera encore plus mal plus tard, que l'absence sera encore plus grande. Je le sais que ce n'est pas raisonnable. Et c'est bien mieux comme ça.
Si je suis fou du vent
si j'en suis amoureux
C'est qu'il souffle sur l'instant
Tu sais c'est douloureux
de vouloir être heureux
Patxi Garat
On peut toujours rêver
22 juillet 2009
Je sais pas ce qui arrive à troubler l'eau de mes sentiments, à l'intérieur. Ca fait des ronds sur l'eau calme, ça fait même des remous qui éclaboussent. Un message de Chou', dans la nuit, qui dit "tu me manques". Plouf.
Tu es plus facile à faire qu'à comprendre et tomber, je n'ai pas pu te prendre
Partir trop loin de toi, j'ai voulu te manquer à tes yeux fins d'exister
Et ma réponse qui me surprend "ça me manque, de plus vivre avec toi". Ca, c'est parce qu'il n'y avait que la nuit, tout autour de moi. Partenaire part bientôt, et je le sais dès maintenant, que nos endroits à nous, ça va me faire pleurer en Septembre. Plouf.
Et au sud de mes peines, j'évolue loin de toi
pour couvrir mon cœur d'une cire un peu noire
Que tous les regards lancés à mon égard,
j'ai tenté de voler loin de toi
J'ai tenté de voler loin de toi
Plic. Plac. Ploc. Quand les vagues à l'intérieur ont comme des ongles, et qu'elles griffent. La distance, alors que j'aimerais courir dans les bras de Chou', parce que ses mots, ça illustre toutes ses blessures à lui, son océan à l'intérieur à lui. Ca semble bien plus grand que chez moi, bien plus profond. Durant mon année, je n'ai pas bien su, pas bien réussi, à combler le vide. Et pourtant j'ai essayé. Mais il y a des secrets que je ne peux pas effacés, et des histoires que je ne peux pas raccommodés. Je n'ai que mes bras, mes doigts dans ses cheveux bruns, et ma tête dans son cou. Plouf. L'amour c'est parfois pas assez.
Tu es plus facile à suivre, dans la ville qui devient notre plus grande fuite
Et moi, étendue dans ce lit, je contemple ce que je t'ai donné de ma vie
Hélène part bientôt, aussi. Et je me demande comment faire, pour vivre dans une ville où l'on est née, et où chaque personne qui fait partie du coeur s'en va. Je reste avec mes ruelles, la grille de l'école primaire, là où on jouait à la marelle, et plus loin où on passait des heures à discuter. Y'avait ma So, Hélène, tous les autres. Tous ceux qui sont partis les uns après les autres. Que mon coeur a remplacé par des liens plus solides, des personnes plus près encore. Mais quand la nuit, je m'amuse à me balader, les pieds nus glissant sur le bitume encore tièdes, y'a des tas de petites silhouettes enfantines sur les monuments, près de la mairie, sous les arcades. Ca fait pas mal, ça fait juste des ronds sur l'eau. Assez pour rendre mélancolique. Et me dire que peut être, mes valises à moi, ça serait utiles que je les fasse. Pour d'autre lieux, à remplir de nouveaux souvenirs, le temps de. Les ronds dans l'eau sont plus fort, ça forme des vagues, des grandes, quand je m'accroche avec les membres d'entre mes murs. Quand je n'arrive pas à exister, même après des années. Où j'ai l'impression d'être ombre transparente, ici. Mais un jour, je serai grande. Un jour, je pourrai exister pour de vrai. Je serai même tellement grande que je pourrai apaiser le coeur de mon Chou', et pas juste le voir se remplir d'encre noire. Un jour, je serai grande. Plouf.
Et au sud de mes peines, j'évolue loin de toi
pour couvrir mon cœur d'une cire un peu noire
Que tous les regards lancés à mon égard,
j'ai tenté de voler loin de toi
J'ai tenté de voler loin de toi
Coeur de Pirate
C'était salement romantique
20 juillet 2009
Coeur de Pirate - Comme des enfants
Il y a les mures vertes, qui seront un jour mauves. Cela
fait longtemps que les ronces ne me piquent plus, peut être depuis que j'en ai
une branche tatouée dans le creux du pied, près de ma croix basque. Il me tarde
que les mures soient mauves, et que le temps avance. Il me tarde que Lord
revienne, même si.
J'aime toujours un peu plus ma solitude, et mes journées où je pioche mes gens.
Ca donne des choses à l'envers, une visite chez mes cousins qui commence à
midi, et qui finie quand les aiguilles ont fait bien des tours plus tard. Ca
agace number1 et number2, quel a petite dernière s'entende le mieux avec notre
cousin, même si treize ans d'écart. Mais ça n'a pas vraiment d'importance,
parce que je la sens de plus en plus. La fêlure, là, toute près, celle que je
peux presque suivre du bout des doigts. Celle qui annonce qu'il n'y a plus
beaucoup de temps, avant. Les explications, les revendications, les
incompréhensions. Les mots pas dits, et ma vie qui se fatigue d'être toujours
jugée, tout le temps. Ma vie qui veut juste se passer, et qui en a le droit.
Alors oui, les mots, comme des mains qui repoussent, un peu, pour dire non
non, tu ne peux pas, respecte mes limites. C'est difficile, dans les
familles, avec les liens teintés d'amour, celui qui donne tous les droits, qui
donne le pardon pour tout.
C'est ce lien même lien qui peut m'unir à Demi-Roi, mais qui me fait douter.
Parce qu'il ya des histoires, toutes emmêlées, qui continuent à faire mal, même
longtemps après. Et Demi-Roi, malgré tout ce qu'il peut dire, c'est Dandy qu'il
a blessé. Enormément. Et moi, sur une droite parallèle, juste au milieu. Même
si, dans la voiture garée dans la rue plongée dans la nuit, j'ai avoué si je
devais choisir, je te choisirais toi à Dandy. Dandy, c'est comme mon
Chou-colloc, c'est des fausses ronces. Ils font croire qu'ils ont des épines,
ils font croire que le reste, autour, ne peut les toucher. Et c'est pas vrai,
bien sur. Une fois qu'il y a des bras pour les enserrer, fort. Qu'il y a de
l'amour, encore, encore. Alors il n'y a même plus d'épines. Justes mes mures
mauves partout, c'est acide et sucré la vie avec eux. Moi je ne pourrais pas
faire sans eux. Je suis number3, celle qui courait après ses soeurs, pour des
miettes. Et un jour, au lieu de trébucher sur mon chemin un peu caillouteux,
j'ai couru dans un autre sens. J'ai sauté dans d'entre bras, j'ai emmêlé mes
doigts à d'autres. J'ai rencontré mon Dandy, mon étrange. Dans la voiture je
lui ai dis que s'il n'avait pas aimé les garçons, nos vies auraient été peut être
moins compliquées. Mais ça aussi, c'était pour de faux. Car pour lui comme pour
moi, on sait les valeurs qu'on donne aux relations amicales. Il m'a dit
"oui mais nous deux, on sera toujours ensemble". Et la tête contre la
vitre, j'ai acquiescé.
17 juillet 2009
J'ai faim de relation en ce moment. D'émotion. Peut être parce que Lord est parti pour un mois et demi en Angleterre. Du coup, j'ai plus de temps pour moi, et pour les autres. Dans le silence feutré, je retrouve des envies, des idées. Je m'occupe des chats roux et tigrés, et je caresse le vide de mes doigts. Les premiers jours, c'était plus dur. Maintenant, il y a ma solitude voulue toute ré apprivoisée. J'écoute de vieilles chansons, sur l'ancien ordinateur. Je retrouve des conversations, des mots, des fins d'amitié. Mes doigts dans mes cheveux, je redécouvre mes histoires, mes morceaux de vie. Si ça couler des larmes un peu maladroites, c'est que ce n'est pas cicatrisé. Et si ça ne l'est pas, je me dis qu'il y a un espoir. Si ça fait mal, c'est que ce n'est pas mort. La douleur plutôt que l'ignorance. Insensé.
Quand il n'y a pas du passé, il y a beaucoup de présent. Très rempli. Comme la maison, avec des amis, des conversations, et même P., qui fait le tour de France à pied, en dormant là où on l'heberge grâce à internet. Il s'est tellement plus dans notre folie qu'il est resté un jour de plus. Dans nos jours, c'était des verres de toutes les tailles sur la table, des films nuls-nuls-nuls, l'eau claire de la piscine, les rires, et les débats sur les mots sud-ouest VS sud-est. Il est reparti sans grande motivation, et on lui a fait jurer de donner des nouvelles. Nous, on a continué les bêtises dans notre bar, notre Mush. Pour preuve des photos de ce soir là, et même une vidéo remplie choses de travers. Et c'est ces photos non prévues, toutes tordues, celles constellées de sourires qui me plaisent le plus.
Je sens comme un amour pour l'été 2009. Il sonne des choses étranges entre les jours, comme des idées de projets, d'envie, de liberté. Des messages sur mon petit écran, et je réserve des billets de train pour Marseille. Je pense à ceux que je prendrais peut être pour rejoindre un peu Partenaire en Italie l'année prochaine. Entre temps je l'appelle lui, et je pars chez lui pour prendre un verre. Puis deux. Puis au final toute la bouteille de rhum à deux, avec du sirop de grenadine et d'ananas. La fin de soirée était brouillonne je crois, le sommeil très relatif, et la matinée au travail bien plus dure encore. Quand les caristes me demandaient des informations, je souriais en répondant "on verra demain". J'avais des nuages dans la tête, les doigts tremblants, mais toujours cet espèce de sourire que je me porte depuis la fin du terrible-juin. Depuis l'annonce de l'obtention de la licence, et de la fin de cette pression folle. Depuis que mon temps est de nouveau tout à moi, rien qu'à moi. Que je peux le remplir d'eux, de café, de verres, de mots sucrés, salés, acides, sur l'ordinateur pour discuter avec So' en Chine, au téléphone ou Dandy m'appelle "l'amour de sa vie", ou encore en face à face, quand on s'étouffe de rire, le visage contre la table en bois foncée. Et quand j'aurai encore un peu plus de temps, que j'arrêterai de dormir pour rattraper tout ce sommeil en retard, je me remettrai à écrire, peut être. Quand il n'y aura plus la peur, aussi. Mais je crois en l'été 2009. J'y crois.
08 juillet 2009
Rohan (Lord). Pierre Louis (Demi Roi). Julien
(Chou-Colloc). Anton (Dandy). Sophie. Sacha. Mathilde. Fanny.
Andréa. Léa. Romain (Le Chat). Hélène. Agathe. Thibault. Antoine.
Isabelle. Benjamin (Partenaire). Laure. Mikael. Manu. Isaac. Mélanie.
Isabelle. Martin. Hicham. Thomas. Morgane. Zoé. Aurélie. Corentin. Marie.
Céline. Melle Anis. Maelle. Isabelle. Marion.
Priscillia. Sandy. Céline. Hubert. Wilfried. Lise. Paulin. Alexandra. Sébastien.
Chrtistophe. Anais. Kambiz. Steven. Charlotte. Claude. Denis. Inès. Raphael.
Jérome. Dimitri. Mathieu. Julia. Julie. William. Matthew. Morgane. Pierre.
Rhian. Nathalie.
J'ai encore plein de prénoms. Mais déjà, derrière tous ceux là, y'a des
sourires. D'eux, et de moi. Y'a au moins un bon moment passé ensemble. Il y a
des rires, il y a des larmes aussi, sur les épaules ou chassées du pouce. Il y
a des amis, des connaissances, mais partout il y a une relation, il y a un
échange. Lord a souvent du mal à comprendre, et je hausse souvent les
épaules, comme pour lui dire c'est pas grave. Number two ne cesse
de dire qu'elle n'aime pas les gens. Je pense que moi, je les aime trop. Bien
sur il y a des blessures, et des prénoms que j'ai gommé de ma liste-à-bonheur,
que j'ai raturé jusqu'à ce qu'on ne les voit plus. Mais les cicatrices sont
moins visibles maintenant, et j'ai retrouvé d'autres visages pour combler mes
vides. Parfois on s'éloigne, et le lien s'accroche, et se dénoue. Mais il peut
toujours avoir l'après, le raccommodage, et la reprise des mots. Et même si
cela ne se fait pas, j'ai appris en grandissant qu'il reste les souvenirs, les
joyeux qui font toujours des bulles à l'intérieur, quand on se rappelle devant
une photo, ou derrière un mot. Et tant pis si les chemins s'éloignent, tant pis
du temps qui passe et des mains qui ne se touchent plus. L'important, c'est
qu'elles se soient touchées, et qu'elles aient pu créer des moments. Je ne vois
plus Lucile mais je souris encore de nos fous rires dans l'enceinte de l'amphi
de mille personnes. Je ne vois plus Charlotte, mais je l'imagine déambuler dans
sa nouvelle ville, à Lyon, avec son amoureux péruvien. J'espère que quand je
serai plus grande, j'arriverai à penser à Mon-ancien-meilleur, et Petite
Blonde, sans que cela ne me pince sous la peau, près du cœur. Pour le moment ce
n'est pas possible, mais peut être.
Il y a tous les visages tout près, et ceux un peu moins. Il y a leurs mots, le
"tu sais que je ne le dis pas, mais tu sais ce que j'en pense", de
Chou-Colloc, qui ne sait pas bien dire je t'aime. Alors je lui dis, pour moi,
et pour les siens qui restent encore cachés dans sa poitrine. Je lui écris au
rouge à lèvres sur le miroir, et sur des petits mots sur la table, ou dans le
frigo. Pour lui dire au revoir de notre année de colocation, j'ai placé des
photos partout partout sur la table noire. Celles de nous, d'eux, de lui. Avec
un autre mot, encore, pour lui dire merci, et je t'aime, et j'ai
été collante avec toi au début mais je ne regrette pas, car tu es l'une des
personnes les plus importantes pour moi. Et je m'en fiche, s'il ne sait pas
encore conjuguer ses mots d'affection, ça viendra. De toute façon il faut
croire que je les aime, ces eux avec des difficultés dans leurs émotions, leur cœur
caché trop durement, et leurs envies toutes emmêlées. Dandy était comme ça,
mais plus maintenant, et ses mots rouges, même s'ils sont rares, m'émerveillent
toujours autant. Je suis amoureuse de mes gens. Passé, présent, et surement ceux que je ne connais pas encore, que je croiserai au détour d'un chemin, comme Céline-la petite-amie-de, qui devient juste Céline-tout-court. Et c'est très bien comme ça. Mes gens je ne les aime pas, un peu, beaucoup, ou passionnement. Mes gens je les aime-tout-court.